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Bulletin Quotidien Europe N° 10954
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) palestine

Maintenir l'ordre public sur un territoire sous occupation

Jérusalem, 30/10/2013 (Agence Europe) - Formée et équipée par les Européens, la police palestinienne assume son rôle de maintien de l'ordre public et de lutte contre la criminalité, éléments essentiels d'un État palestinien encore embryonnaire. Mais son autonomie d'action, limitée en réalité à 18% de la Cisjordanie, continue à se heurter quotidiennement au statu quo politique hérité du conflit israélo-palestinien.

« Le problème principal, c'est l'occupation. Mais nous devons continuer notre travail », a déclaré le général Hazim Attalah, chef de la police palestinienne, mardi 29 octobre. Déployant 8 000 hommes sur le terrain dont 1 300 forces antiémeutes, la police palestinienne contrôle uniquement 18% de la Cisjordanie (zone A composée des principales villes palestiniennes comme Ramallah, Jéricho ou Hébron) mais pas Jérusalem-Est. Conformément aux accords d'Oslo II, les deux autres zones, B (21% de la Cisjordanie) et C (vallée du Jourdain, principales ressources naturelles, colonies israéliennes, 61% de la Cisjordanie), demeurent sous la seule responsabilité d'Israël sur le plan sécuritaire.

Ce découpage du territoire pose quotidiennement des problèmes pratiques en termes de déploiement des forces de sécurité palestiniennes et bénéficie aux criminels qui profitent de la situation. Celles-ci sont en effet obligées de demander à Israël l'autorisation de se rendre d'une zone A à l'autre ou pour poursuivre un délinquant qui est en fuite en zone B. Des démarches qui, lorsqu'elles aboutissent positivement, font perdre un temps précieux. « Les criminels sont familiarisés avec ces restrictions. Certains d'entre eux utilisent la division du territoire pour se cacher. Cette situation est l'un des obstacles les plus dangereux à notre travail et il détruit tous les efforts qu'effectue la police », a considéré le général Attalah.

Les conséquences sont immédiates en matière de sécurité routière, notamment sur les principaux axes routiers de Cisjordanie tous classés en zone C. Pour M. Attalah, « c'est comme un no man's land: la police palestinienne n'est pas autorisée à intervenir, la police israélienne ne veut pas s'y rendre. » « Ce qui est à la fois tragique et comique, c'est que les premiers à se déplacer ce sont les militaires israéliens qui ne connaissent pas les procédures en matière de trafic routier », a-t-il ajouté.

Les Européens comprennent les préoccupations des Palestiniens. De l'avis du commandant des opérations civiles de l'UE, l'Allemand Hansjorg Haber, « lever les restrictions rendrait la police palestinienne bien plus efficace et accroîtrait la sécurité ». Il a espéré que la situation s'améliorera à l'avenir, tout en reconnaissant que la question du morcellement de la Cisjordanie ne pourra être résolue qu'au niveau politique.

Par opposition, l'armée israélienne a tous les droits. Si nécessaire, elle peut pénétrer en zone A selon son bon vouloir, souvent sans prévenir les forces de sécurité palestiniennes. « Face à la population, il est très embarrassant », voire « humiliant », pour la police, d'assister à ce type d'opération sans pouvoir intervenir, a indiqué Mansour Khuzainia, porte-parole de l'Académie de police palestinienne basée à Jéricho. « C'est le message que les forces palestiniennes essaient d'envoyer à la communauté internationale », a-t-il ajouté. (MB)

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