Bruxelles, 30/10/2013 (Agence Europe) - Seize États membres de l'UE ont réduit leurs dépenses en matière d'éducation entre 2008 et 2011 (Irlande, Royaume-Uni, Espagne, Portugal, Danemark, Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Slovaquie, Roumanie, Bulgarie, Grèce, Italie, Chypre, Hongrie,) et six d'entre eux ont continué d'appliquer des restrictions budgétaires importantes en 2012 (Royaume-Uni, Portugal, Lettonie, Grèce, Chypre, Italie), indique le dernier rapport de suivi de l'éducation et de la formation publié le 30 octobre par la Commission européenne. Celui-ci donne un aperçu de l'évolution de chaque pays, mesurée à l'aune de critères de référence et d'indicateurs spécifiques. Il met en lumière l'évolution récente des politiques en matière d'éducation et de formation et, grâce aux rapports nationaux et à l'outil de visualisation en ligne, fournit une abondance de données concrètes. « Les données fournies par le rapport (…) sont très précieuses car elles permettent aux États membres de se comparer les uns aux autres et incitent les décideurs à investir de manière efficiente dans la modernisation de leurs systèmes éducatifs afin d'en améliorer la qualité et les résultats. Cet aspect est d'une importance vitale si l'on veut que les jeunes disposent des qualifications nécessaires pour réussir dans la vie », a déclaré Androulla Vassiliou, commissaire en charge de l'éducation.
Le rapport met en évidence le défi majeur des États membres en matière d'éducation: réformer les systèmes éducatifs pour les rendre plus performants dans un contexte de crise où les ressources budgétaires manquent. Il confirme aussi la baisse du taux d'emploi des jeunes ayant décroché au moins un diplôme du second cycle de l'enseignement secondaire: seuls 76% ont trouvé un emploi alors qu'ils étaient 82% en 2008. Quant aux diplômés universitaires, s'ils ont un avantage évident sur le marché du travail, un sur cinq occupe toutefois un poste correspondant à des qualifications inférieures, ce qui semble indiquer une asymétrie inquiétante entre les compétences acquises dans le système éducatif et celles demandées sur le marché du travail. Par ailleurs, le taux de diplômés de l'enseignement supérieur augmente lentement: il s'établit désormais à 35,7% (l'objectif fixé par l'UE est 40%). Le taux de jeunes en décrochage scolaire ou abandonnant une formation continue par contre de baisser et s'élève à 12,7% (l'UE a fixé un seuil de 10%). Le rapport fait encore quatre observations essentielles: 1) l'inégalité reste l'une des principales caractéristiques de nombreux systèmes d'éducation et de formation en Europe avec des lacunes observées en matière de compétences et qualifications dans certains groupes défavorisés tels que les jeunes issus de l'immigration. La capacité à faire face au problème varie fortement d'un État membre à l'autre ; 2) l'évolution démographique a des répercussions considérables sur le corps enseignant: dans plusieurs États membres la plupart des enseignants font partie de la tranche d'âge la plus élevée. Il convient de repenser la manière d'attirer, de recruter et de former les meilleurs candidats et de veiller à une formation continue tout au long de leur carrière ; 3) l'Europe accuse un certain retard dans la mise à disposition de ressources éducatives libres et de cours en ligne ouverts et massifs (MOOC). Si l'utilisation des nouvelles technologies est largement répandue dans les foyers et dans le monde du travail, elle ne l'est pas encore dans le monde de l'éducation et de la formation ; 4) seule la moitié de la population âgée d'au moins quinze ans est d'accord avec l'affirmation selon laquelle l'enseignement reçu à l'école lui a permis d'acquérir des compétences entrepreneuriales, outre les compétences de base, soulignant la nécessité de renforcer les efforts visant à développer ce type de compétences chez les jeunes. (IL)