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Bulletin Quotidien Europe N° 10929
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) compÉtitivitÉ

L'Europe n'est pas rendue

Bruxelles, 25/09/2013 (Agence Europe) - Si les Vingt-huit progressent dans l'amélioration du climat des entreprises et à l'exportation, leur compétitivité industrielle reste affaiblie par des prix de l'énergie exorbitants, des investissements encore trop faibles et un accès au financement difficile. Pire, leur convergence est à l'arrêt. Le secteur manufacturier, que la Commission veut porter à 20% du PIB d'ici 2020, est tombé à 15,1%

Les deux rapports annuels (édition 2013) sur la compétitivité de l'UE - l'un sur la compétitivité industrielle européenne, l'autre sur les performances de chaque État membre, publiés mercredi 25 septembre par la Commission, présentent « une situation contrastée », a admis le commissaire Antonio Tajani.

Bien que la performance industrielle se soit stabilisée, la part de l'industrie dans le PIB européen a diminué, passant de 15,5% à 15,1% du PIB en un an. S'alarmant du déclin relatif du rôle de l'industrie dans le PIB européen, M. Tajani avait proposé à l'automne 2012, dans le cadre d'une mise à jour d'une politique industrielle communautaire qui n'en est pas une, puisqu'elle n'est pas une compétence exclusive de l'UE, des mesures immédiates pour faire passer la part du secteur secondaire dans le PIB de l'UE de moins de 16% à 20% à l'horizon 2020. Force est de constater que l'UE est loin d'en prendre le chemin.

Pour l'industrie européenne, l'évolution est particulièrement préoccupante dans deux domaines essentiels: la productivité et l'emploi. La productivité de l'UE se détériore de nouveau par rapport à celle des États-Unis, tandis que le chômage reste une réalité quotidienne pour 11% de la main-d'œuvre européenne. L'industrie a été particulièrement touchée, perdant plus de 3,8 millions d'emplois depuis 2008.

Depuis un an, la reprise du secteur manufacturier européen est très inégale. Les États membres et les secteurs industriels se remettent de manière variable de la crise la plus grave de l'après-guerre. Quelques pays seulement ont réussi à retrouver le niveau de production qu'ils affichaient avant la crise (Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie et Slovaquie), mais la majorité reste bien en deçà. À l'exception des secteurs de produits de première nécessité et de certains secteurs de haute technologie, la plupart des secteurs industriels n'ont pas encore récupéré de la crise. La demande intérieure restant faible, le redressement a en grande partie été stimulé par la demande extérieure (en particulier de produits pharmaceutiques, de minerais métalliques et d'équipements de transport). Plus inquiétant encore, la part de la production manufacturière de l'UE ne cesse de diminuer au plan mondial, tandis que celle de la Chine est en augmentation.

S'ils mettent en exergue une amélioration du climat des entreprises et du socle de compétences dans la plupart des États membres, un regain des exportations qui a dynamisé l'activité industrielle (avec un excédent commercial de 365 milliards d'euros en 2012, l'UE a dépassé les États-Unis et le Japon) et une amélioration des performances en matière d'innovation et de durabilité depuis 2008, les rapports montrent que la compétitivité industrielle de l'UE doit affronter des problèmes de taille.

Les prix de l'énergie, en hausse dans presque tous les États membres, pose un problème majeur à l'industrie, contribuant à son déclin relatif. L'investissement reste insensible aux mesures adoptées par l'UE, depuis le début de la crise en 2008. L'accès au financement s'est détérioré dans de nombreux États membres. Enfin, l'efficacité et l'efficience des administrations publiques restent en deçà des attentes.

La convergence entre les pays, elle, est en panne. Basé sur leurs performances dans cinq domaines clés (innovation et durabilité, climat des entreprises, services et infrastructures, administrations publiques, financement et investissement et compétences), le tableau de bord de la compétitivité des États membres répartit les Vingt-huit en trois groupes qui semblent figés: celui des pays aux résultats stables affichant de bons résultats dans tous les domaines (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède) ; celui des pays aux résultats irréguliers ayant de bons résultats dans certains domaines mais connaissant des difficultés dans d'autres (Chypre, Grèce, Italie, Malte, Portugal et Slovénie) ; celui des pays en rattrapage confrontés à des difficultés significatives dans de nombreux domaines mais qui progressent rapidement (tous les nouveaux pays membres, Slovénie exceptée).

Malgré sa contribution au PIB en régression, la Commission continue de défendre le maintien d'un secteur manufacturier d'une « taille critique » car, insiste-t-elle, ses retombées sont importantes sur d'autres secteurs, toute demande finale supplémentaire dans l'industrie manufacturière générant environ 50% de demande finale supplémentaire dans d'autres branches de l'économie.

Parmi ses priorités, l'exécutif européen préconise d'améliorer « considérablement » le fonctionnement de l'administration publique, de même que le lien entre l'enseignement et les entreprises, de consentir à plus d'efforts pour encourager l'innovation et commercialiser ses résultats, de faciliter les activités courantes des entreprises, de réduire les coûts de production (énergie et matières premières), d'améliorer l'accès des entreprises, petites et grandes, aux marchés financiers et de capitaux et aux marchés tiers, et de faciliter les investissements dans les nouvelles technologies et l'innovation correspondant aux besoins de l'économie du 21ème siècle. Autrement dit, rien de bien nouveau. (EH)

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