Bruxelles, 25/09/2013 (Agence Europe) - Les Vingt-huit ont renoncé, mardi 24 septembre, à adopter à ce stade la modification technique que la Commission européenne propose d'apporter à sa méthode de calcul du déficit structurel, c'est-à-dire débarrassée des effets de la conjoncture. Ce changement pourrait avoir un impact positif sur certains États, dont l'Espagne en première ligne. La balle est renvoyée au niveau technique, où la proposition semblait pourtant avoir fait consensus la semaine dernière (EUROPE 10926).
Le comité de politique économique du Conseil de l'UE a conclu mardi que les travaux sur cette question n'étaient pas assez mûrs et nécessitaient d'être poursuivis, a précisé mercredi 25 septembre la Commission européenne. L'impact sur les États de cette modification dans la méthode de calcul, dont la nature est purement technique, n'est pas encore clair à ce stade. Les Vingt-huit ont donc exprimé le besoin de quantifier cet impact pour avoir une perspective plus claire avant d'y donner leur aval.
La Commission entend donc « faire avancer » les travaux avec les experts du groupe de travail, a précisé Simon O'connor, porte-parole de la Commission européenne pour les affaires économiques et monétaires. Si aucun délai n'est fixé, l'idée serait toutefois de conclure avant la fin de l'année pour que la Commission puisse baser ses prévisions macroéconomiques de printemps sur cette nouvelle méthodologie. Une source de l'UE a toutefois estimé qu'il faudrait plusieurs mois pour y parvenir.
Pour l'heure, l'exécutif européen s'en tiendra donc à la méthode traditionnelle, selon M. O'Connor. On pourrait croire presqu'à contrecœur, cette source de l'UE ayant expliqué que le nouveau procédé fournissait un « moyen supérieur d'évaluer » la croissance potentielle du PIB, à partir de laquelle le déficit structurel est calculé. Celui-ci est estimé sur base de la différence entre la croissance potentielle d'un État et la croissance effective réalisée. Cette différence est appelée 'output gap' ou écart de production.
La nouvelle méthodologie devrait mieux tenir compte des aspects structurels de la situation d'un État et affecter particulièrement les pays dont le taux de chômage est élevé, comme l'Espagne. Dans le cas espagnol, la Commission considère qu'hors du déficit public, qui représente 6,5% du PIB, plus des deux tiers sont structurels, plutôt que cycliques. Madrid a un taux de chômage élevé à 27% de sa population active et son taux de chômage d'équilibre, c'est-à-dire si l'économie tournait à pleine capacité, s'affiche à 23%. Cela donne l'impression que la différence entre le déficit structurel et effectif est mince, et appelle donc davantage de mesures d'austérité, à travers des hausses d'impôts et des coupes dans les dépenses publiques. Si l'impact sur chacun des vingt-huit États reste à éclaircir pour permettre une décision formelle, l'impact sur l'Espagne, et dans une moindre mesure, sur les autres pays sous programme, devrait donc être positif. (EL)