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Bulletin Quotidien Europe N° 10929
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

La France à nouveau rappelée à l'ordre sur la question des Roms

Bruxelles, 25/09/2013 (Agence Europe) - La question des Roms en France et les derniers propos du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, selon lesquels les Roms ne pourraient pas s'intégrer en France et auraient des « modes de vie extrêmement différents des nôtres », ont à nouveau suscité le courroux de la Commission européenne. La commissaire européenne Viviane Reding, en charge des droits fondamentaux, a dénoncé, mercredi 25 septembre, des propos « de période d'élections ».

La Commission a également dû rectifier, mercredi, une grosse confusion entretenue « volontairement ou involontairement » par les hommes politiques français, a dit le porte-parole de la Commission, Olivier Bailly. Les hommes politiques français ont confondu la levée, au 1er janvier prochain, des restrictions posées aux travailleurs roumains et bulgares (prévues dans leur traité d'adhésion) avec l'ouverture des frontières et l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen, maintes fois repoussée depuis 2011 et encore très incertaine.

Réagissant à une série de démantèlements de camps Roms, les hommes politiques français, droite et gauche confondus, se sont en effet tous exprimés ces derniers jours sur ces divers sujets européens, établissant un lien direct avec la présence des Roms sur le territoire français.

« Il y a de l'élection dans l'air », a ironisé Viviane Reding sur France Info, ajoutant qu'à « chaque fois qu'on ne veut pas parler de choses importantes, comme le budget ou les dettes, on trouve les Roms ». La commissaire n'en est pas à sa première passe d'armes avec le gouvernement français. Sa querelle et son inimitié avec Nicolas Sarkozy en 2010 sont restées dans les annales. À l'époque, la France avait dû ralentir son rythme d'expulsions de Roms de son territoire et se mettre en règle avec les dispositions européennes sur la libre-circulation. Et pour Mme Reding, « la question aurait déjà dû être résolue ». Les citoyens européens, a-t-elle rappelé, « ont le droit de circuler librement pendant trois mois et après, c'est sur décision d'un juge qu'on peut les faire évacuer ». La Commission, a précisé plus tard Olivier Bailly, fera d'ailleurs respecter ces principes avec tous les moyens à sa disposition si cela n'était pas le cas.

En ce qui concerne l'intégration des populations Roms, la Commission a également rappelé que la France avait signé une stratégie d'inclusion et peut aussi, à ce titre, bénéficier de fonds européens spécifiques. « Il y a 50 milliards d'euros de fonds disponibles (entre le Fonds social européen, les fonds de la politique de cohésion et les fonds pour le développement rural) et qui ne sont pas utilisés. Pourquoi on ne les utilise pas ? », s'est demandée Mme Reding. Selon le porte-parole Olivier Bailly, l'argent reste en effet sous-utilisé et « ce qui manque, ce sont les projets nationaux ».

En attendant, la France a atteint, mercredi, un triste record avec plus de « 10 000 Roms évacués de leur campement durant la première moitié de 2013 », a dénoncé l'ONG Amnesty International dans un rapport. Les évacuations forcées devraient être « bannies par la loi », a demandé l'ONG, qui déplore l'insécurité qui en résulte et l'absence de solutions d'hébergement alternatives. (SP)

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