Bruxelles, 25/09/2013 (Agence Europe) - Le commissaire Karel De Gucht convient avec son homologue nippon, Toshimitsu Motegi, de procéder à l'échange d'offres sur les biens et services avant le sommet de novembre.
Réunis mardi 24 septembre à Bruxelles, le commissaire au Commerce, Karel De Gucht, et le ministre nippon de l'Économie, Toshimitsu Motegi, ont fait part de leur souhait commun de progresser rapidement vers un accord de libre-échange, dont les négociations ont débuté en avril. « L'accord commercial UE/Japon reste une priorité et nous espérons être en mesure d'avancer rapidement avec le troisième round de négociations en octobre à Bruxelles et lors du prochain sommet bilatéral en novembre », a commenté M. De Gucht.
Après un premier round en avril, le 2ème round de pourparlers, fin juin-début juillet à Tokyo, a porté sur le texte du futur accord dans tous les secteurs couverts. Quatorze groupes de travail différents ont traité notamment du commerce des marchandises, des services, des investissements, de la concurrence, des marchés publics et du développement durable. Les négociateurs se retrouvent du 21 au 25 octobre à Bruxelles, puis début 2014 à Tokyo. Selon les analystes, les négociations pourraient nécessiter près de cinq années.
Dans un effort pour accélérer le processus, M. De Gucht et son homologue japonais ont convenu de procéder à l'échange des offres sur les marchandises et les services « dès que possible », afin qu'elles puissent être discutées lors du sommet UE/Japon, qui se tiendra en novembre dans l'archipel. « Avec une bonne dose de volonté politique et un calendrier restreint, des questions hautement techniques et de solides griefs internes pourraient être surmontés. Nous travaillons à un rythme soutenu et j'espère que le sommet donnera de l'élan au processus», a insisté M. De Gucht, laissant entendre qu'il était important de ne pas s'attarder, plus tôt un accord sera conclu, plus vite il sera profitable à deux économies en perte de vitesse.
Les gains attendus sont de taille, puisqu'un accord engendrerait une hausse du PIB de l'UE de 0,6% à 0,8%. Les exportations de l'UE vers le Japon pourraient augmenter de 32,7%, celles du Japon vers l'UE de 23,5%. En 2011, les exportations de l'UE vers le Japon ont atteint 49 milliards d'euros, ses importations depuis l'archipel 69 milliards d'euros. L'UE connaît un déficit commercial récurrent avec son partenaire asiatique. Les investissements de l'UE au Japon, eux, restent faibles par rapport aux autres pays riches.
L'objectif est de conclure un accord global sur les biens, les services et les investissements visant à éliminer les obstacles tarifaires et non tarifaires et couvrant d'autres aspects liés au commerce, notamment les marchés publics, les questions réglementaires, la concurrence et le développement durable. Bruxelles et Tokyo se sont entendus sur des feuilles de route pour la levée des barrières non tarifaires nippones, qui sont la clé des négociations. Un strict parallélisme a été établi entre la réduction des barrières tarifaires de l'UE et la levée des barrières non tarifaires du Japon. Le mandat de négociation européen est doté d'une clause de révision en 2014 pour évaluer les progrès de Tokyo sur le non tarifaire et d'une clause suspensive s'ils sont insuffisants.
Si les parties ont des lignes rouges pour des produits sensibles, dont elles s'échangeront des listes - côté nippon, ce sont traditionnellement le riz, le sucre, le bœuf, le porc et les produits laitiers ; côté européen, ce sont les voitures - ces produits ne seront pas exclus de la négociation. L'automobile sera un élément phare de la négociation, le Japon voulant un démantèlement tarifaire complet côté européen, l'UE souhaitant en échange une réduction drastique, voire l'élimination, des obstacles techniques et réglementaires nippons. Les marchés publics sont un autre élément clé, l'UE attendant des concessions de Tokyo, qui s'est déjà engagé à améliorer certaines de ses procédures d'adjudication, en particulier dans le secteur ferroviaire. (EH)