Bruxelles, 17/09/2013 (Agence Europe) - Le Parlement européen a présenté, le 16 septembre, les sept nominés pour le prix Sakharov 2013: Reeyot Alemu et Eskinder Nega, Ales Bialiatski, Eduard Lobau et Mykola Statkevich, représentant l'ensemble des prisonniers politiques biélorusses, Mikhail Khodorkovsky, Edward Snowden, les manifestations du type « homme à l'arrêt » en Turquie, le projet de CNN pour la liberté « Mettons fin à l'esclavage moderne » et, enfin, Malala Yousafzai. Les commissions des affaires étrangères et du développement et la sous-commission des droits de l'homme tiendront une réunion à huis clos, le 30 septembre, pour désigner les trois finalistes. Le 10 octobre, la Conférence des présidents du Parlement désignera le vainqueur, qui se verra remettre son prix, dont c'est le 20ème anniversaire, le 20 novembre, lors d'une cérémonie en plénière du Parlement européen.
Des nominés du monde entier
La jeune Pakistanaise Malala Yousafzai, 16 ans, se bat pour le droit à l'éducation des femmes depuis ses 11 ans, ce qui lui a valu, en octobre dernier, d'être grièvement blessée par des Talibans. Elle a été nommée conjointement par les groupes PPE, S&D, ADLE et CRE, mais aussi par Jean Lambert (Verts, Royaume-Uni). « Le Parlement doit défendre le droit à l'éducation comme un droit fondamental, et c'est encore loin d'être le cas pour de nombreuses filles dans le monde », a souligné Sir Graham Watson (ADLE, Royaume-Uni).
Autre nominé célèbre, désigné par les groupes Verts/ALE et GUE/NGL, l'Américain Edward Snowden, ce « lanceur d'alerte » pour les Français José Bové (Vert/ALE) et Marie-Christine Vergiat (GUE), qui a publié des informations confidentielles sur les programmes de surveillance de masse de la NSA et est désormais accusé d'espionnage par les États-Unis.
Représentant tous les prisonniers politiques du Belarus, le président du centre pour les droits de l'homme, Viasna Ales Bialiatski, le militant de « Malady Front », le mouvement international de la jeunesse biélorusse, Eduard Lobau, et l'ancien candidat à la présidentielle, Mykola Statkevich, ont été nommés par les Polonais Marek Migalski (CRE), Filip Kaczmarek et Jacek Protasiewicz (PPE) et 39 autres députés. « Nous ne pouvons pas accepter la dictature biélorusse à nos portes », a souligné M. Migalski.
Nommés par Ana Maria Gomes (S&D, Portugal) et 40 autres députés, les journalistes éthiopiens Reeyot Alemu et Eskinder Nega sont en prison pour 5 et 18 ans sous l'inculpation de terrorisme pour avoir critiqué le gouvernement. Mme Gomes considère que leur remettre le prix permettrait de donner de la visibilité pour ceux qui luttent en Éthiopie.
Le prisonnier politique russe Mikhaïl Khodorkovski est nommé par Werner Schulz (Verts/ALE, Allemagne) et 40 autres députés. Lui donner le prix serait un moyen de rendre hommage à ceux qui se battent pour préserver leur dignité, selon M. Schulz.
Les manifestants turcs du type « homme à l'arrêt », nommés par Marietje Schaake (ADLE, Pays-Bas) et 40 autres députés, sont un symbole du mouvement pacifique pour une société libérale respectueuse des droits humains, des libertés fondamentales et des minorités et le prix serait une « possibilité d'envoyer un message au gouvernement turc », selon Mme Schaake.
La campagne médiatique mondiale contre la traite des esclaves, la traite des êtres humains et le travail forcé et celui des enfants intitulée « Le projet de la liberté de CNN: abolition de l'esclavage des temps modernes » a publié plus de 400 rapports depuis 2011 et est nommé par Boris Zala (S&D, Slovaquie) et 40 autres députés. Cela permet aussi de montrer le rôle des médias interactifs et des acteurs sociaux, a expliqué M. Zala. (CG)