Bruxelles, 17/09/2013 (Agence Europe) - Le Premier ministre grec, Antonis Samaras, a profité de son passage à Bruxelles où il a rencontré, mardi 17 septembre, les présidents de la Commission européenne, du Conseil européen et du Parlement européen pour signaler un problème de perception relatif à un 3ème plan d'aide dont pourrait avoir besoin son pays dès l'année prochaine.
À ses yeux, il faut considérer cette assistance supplémentaire à la lumière de l'accord passé en novembre dernier avec l'eurozone selon lequel les créanciers internationaux de la Grèce fourniront à Athènes l'appui nécessaire jusqu'à ce que le pays ait retrouvé un accès aux marchés des capitaux, à condition qu'il remplisse totalement les objectifs de son programme d'ajustement.
Si la Grèce obtient un nouveau soutien, ce ne sera donc « pas parce qu'elle a échoué », mais au contraire parce qu'elle a « réussi ». Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a estimé que les efforts du peuple grec « payaient » et que le programme était sur les rails. Il n'a pas souhaité alimenter la spéculation qui entoure cette potentielle assistance financière, attendant dans un premier temps les conclusions de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) de retour sur le sol grec cette semaine. Il a toutefois ajouté que ce n'était un secret pour personne qu'il fallait se pencher à nouveau sur les finances publiques grecques. « Si le programme a besoin d'être adapté, bien sûr qu'il le sera », a-t-il conclu.
En dépit de récents développements positifs, « la situation économique est toujours fragile » et il est toujours temps de remonter ses manches, a encore déclaré M. Barroso, insistant sur la mise en œuvre des réformes structurelles et l'accélération du programme de privatisations.
Alors que la Grèce prendra le relais de la Lituanie à la tête du Conseil de l'UE au 1er janvier prochain, le Premier ministre grec a rappelé que l'année 2014 coïnciderait également avec le retour de la croissance. « Nous renversons la tendance » a-t-il assuré, jugeant que cela avait été fait avec « de la patience, de la dignité et de la persistance ».
Mardi matin, M. Samaras a rencontré le président du Parlement européen. Pour Martin Schulz, il y a des signes qui montrent « que nous ne sommes pas encore dans la situation d'une solution, mais qu'il y a de la lumière au bout du tunnel ». L'excédent budgétaire primaire pour l'année 2013 sera une réalité, selon lui, et si les événements lui donnent raison, alors il faudra « prendre des décisions supplémentaires à la lumière des développements économiques réels et de la possible reprise du pays ». Le printemps 2014 apportera les réponses sur le plan budgétaire dont les Européens ont besoin pour décider d'un allègement supplémentaire du fardeau de la dette grecque, conditionné à l'émergence de cet excédent primaire.
Pour l'heure, un effacement pur et simple d'une partie de la dette grecque ne semble pas envisageable, une diminution des taux d'intérêts adossés aux prêts lui étant préférée.
M. Samaras a indiqué que les deux hommes étaient d'accord pour inscrire les politiques qui favorisent la croissance et la création d'emplois en tête des priorités. La veille, lors d'un événement organisé conjointement par le quotidien grec Ekathimerini et l'International Herald Tribune, M. Samaras avait prédit le retour de la croissance au niveau d'avant crise d'ici à 2019.
Le Premier ministre grec a également rencontré à Bruxelles le Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, mardi en fin d'après-midi.
Trou budgétaire. Alors que la Commission table sur un trou budgétaire de 2% du PIB pour 2015 et 2016, la bonne saison touristique pourrait présager de résultats budgétaires bien meilleurs, rapporte Reuters citant une source gouvernementale. (EL)