Bruxelles, 17/09/2013 (Agence Europe)- La Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, a salué, mardi 17 septembre, la publication, la veille, du rapport des inspecteurs des Nations unies sur les événements du 21 août en Syrie.
« Avec ce rapport, nous avons maintenant des preuves fiables confirmant qu'une attaque chimique à grande échelle a été perpétrée à l'aide du gaz sarin. Le rapport confirme également que les roquettes surface-surface renfermant l'agent neurotoxique sarin ont été utilisées dans quatre quartiers de Damas. Ce sont des indications qui aideront à identifier les auteurs », a-t-elle souligné dans un communiqué.
Mais, pour la France et le Royaume-Uni, ses auteurs sont déjà identifiés. Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a salué « ce rapport objectif et sans équivoque qui confirme que des armes chimiques ont été utilisées sur une grande échelle ». Il a clairement accusé le régime: « D'après la profusion de détails techniques figurant dans le rapport (...), il est extrêmement clair que le régime syrien est le seul à avoir pu en être responsable ».
« Quand on regarde précisément les données, les quantités de gaz toxique utilisées, la complexité des mélanges, la nature et les trajectoires des vecteurs, cela ne laisse aucun doute sur l'origine de l'attaque », a expliqué son homologue français, Laurent Fabius, pour qui le rapport « renforçait la position de ceux qui ont dit le régime coupable ».
« L'UE est unie pour condamner dans les termes les plus forts cette attaque horrible qui constitue une violation du droit international, un crime de guerre et un crime contre l'humanité. Il ne peut y avoir d'impunité et les auteurs de ces attaques doivent être tenus responsables », poursuit Mme Ashton rappelant ainsi la déclaration des ministres des Affaires étrangères lors du Gymnich du 7 septembre (EUROPE 10917).
« Il est également important que nous nous assurions que les responsables de l'utilisation d'armes chimiques en Syrie rendent des comptes. Il en va de même pour les responsables des multiples atrocités, crimes de guerre et exactions qui sont menés, en particulier par le régime. Nous consulterons nos partenaires sur la façon dont cela peut être atteint », a expliqué M. Hague.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a qualifié, le 17 septembre, l'utilisation d'armes chimiques de « crime de guerre » et réclamé que les responsables « rendent des comptes » pour ce « crime méprisable ».
Nécessité d'une résolution rapide à l'ONU
Pour Mme Ashton, tout comme pour M. Hague, la publication du rapport montre l'importance de l'initiative pour la destruction rapide et sécurisée des armes chimiques de la Syrie.
La Haute représentante a réitéré son appel au Conseil de sécurité de l'ONU pour qu'il assume ses responsabilités en acceptant rapidement une résolution efficace qui autorisera la destruction des armes incriminées. M. Hague a appelé à une résolution qui « crée un engagement contraignant pour le régime à renoncer à ses armes chimiques dans un laps de temps spécifique et les placer rapidement et de façon crédible et fiable sous contrôle international pour la destruction ». Pour le ministre allemand, Guido Westerwelle, le rapport confirme l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. C'est « un crime contre l'humanité et cela nécessite une résolution déterminée du Conseil de sécurité», a-t-il expliqué. Le 17 septembre, le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, a précisé que la résolution ne fera pas référence au chapitre 7 de la charte des Nations unies, qui prévoit la possibilité de sanctions, voire du recours à la force. Ban Ki-moon s'est aussi dit « d'accord qu'il doit y avoir des conséquences (pour Damas) en cas de non-respect » de la résolution sur les armes chimiques.
Par ailleurs, selon l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), le début du programme de destruction du stock d'armes chimiques en Syrie devrait être « une question de jours ». Le Conseil exécutif de l'OIAC « devrait se réunir très bientôt » (le 19 ou le 20 septembre) pour discuter du dossier syrien. (CG)