Bruxelles, 11/09/2013 (Agence Europe) - Les députés européens ont appelé, mercredi 11 septembre à Strasbourg, à davantage d'efforts pour la paix, soulignant que si la destruction des armes chimiques du régime est nécessaire, il en faut plus pour aboutir à la paix en Syrie, car les armes conventionnelles continuent de tuer.
Au nom du groupe PPE, l'Espagnol José Ignacio Salafranca a souligné la nécessité d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies « contraignante, obligatoire, avec une référence au chapitre 7 » de la Charte des Nations unies (voir autre nouvelle en action extérieure). Il a aussi souhaité qu'il soit tiré profit de cette résolution pour avoir un couloir humanitaire, une zone d'exclusion aérienne. La mise en place d'une zone d'exclusion aérienne a également été demandée par le président du groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt, et par le leader de l'ECR, le Britannique Charles Tannock. « Le protocole de Genève sur les armes chimiques doit être appliqué, il faut une réaction rapide, une interdiction de survol et obliger le régime à s'asseoir à la table des négociations », a expliqué M. Tannock.
Pour le président du groupe S&D au PE, Hannes Swoboda, la proposition russe n'est « que le début d'un processus de paix » avec un vrai dialogue. « Nous devons convaincre la Russie et l'Iran de faire une offre de paix et de solution politique », a-t-il ajouté. Rappelant que cette proposition a été faite après des menaces de frappes, il a précisé que « la menace est utile, mais il faut maintenant mettre l'accent sur la paix. Donnons une chance à la paix en Syrie ! ». Une pression aussi nécessaire, selon M. Verhofstadt. « Les carottes ont besoin de bâtons, Assad ne réagira qu'à une menace crédible d'emploi de la force », a-t-il expliqué.
Ulrike Lunacek (Verts/ALE, Autriche) a rappelé que « si le Conseil de sécurité est bloqué, il y a une solution: passer au niveau de l'Assemblée générale pour avoir une légitimité au niveau international (pour agir, ndlr). Si la possibilité existe, il faut la saisir ».
Les députés ont aussi rappelé la nécessité d'aider la population syrienne et appelé les États membres à accueillir davantage de réfugiés. Ils ont également salué l'action de la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, pour avoir une position commune des 28 États membres, lors du Gymnich, le 7 septembre (EUROPE 10917).
Mme Ashton a considéré comme « essentiel » que soit saisi le nouvel élan donné par la proposition russe. « Pour la première fois depuis de nombreux mois, la communauté internationale est unie quant à une action sur la Syrie », a-t-elle rappelé, appelant à ce que le régime syrien respecte ses engagements. « Les derniers développements donnent une occasion de relancer le processus diplomatique plus large », a-t-elle souligné. Elle a appelé toutes les parties à promouvoir une solution politique.
Plus tôt dans la journée, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a qualifié de 'judicieuse' la proposition sur la table. « Nous souhaitons une solution diplomatique, mettre sous contrôle l'arsenal chimique est là un pas déterminant », a-t-il ajouté. (CG avec MD)