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Bulletin Quotidien Europe N° 10919
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) État de l'union

L'UE est aujourd'hui plus forte qu'il y a cinq ans (Barroso)

Bruxelles, 11/09/2013 (Agence Europe) - Une Union européenne plus puissante et plus « grande » sur les grands enjeux mais plus « petite » et en retrait sur des sujets mineurs. C'est la ligne tracée, mercredi 11 septembre, par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, lors du dernier discours sur l'état de l'Union avant les européennes de mai 2014.

Un discours à la vision somme toute modeste, José Manuel Barroso ayant surtout évoqué le bilan de ces cinq dernières années et les réponses apportées à la crise financière. « L'Europe s'est battue, nous avons souffert ensemble et combattu la crise ensemble. On aurait jamais cru cela possible il y a 5 ans », a jugé d'emblée M. Barroso, rappelant qu'en 2012, la question de la désintégration de la zone euro était encore brûlante. « Cette année au G20, nous n'avons pas reçu de leçon des autres » parties du monde, a d'ailleurs noté le président. «Ce que nous faisons crée la confiance et maintenant les marchés nous montrent que cela paie ». Le président a successivement évoqué l'amélioration des situations en Irlande, au Portugal « où la croissance revient et le chômage baisse », en Grèce « qui retrouve de la compétitivité » ou encore à Chypre « qui applique son plan d'aide comme prévu » et en Espagne « où les exportations de biens et de services » se portent bien. « La relance est vraiment en vue », a ajouté, optimiste, M. Barroso, rappelant toutefois qu'il faut rester vigilant car l'UE compte « toujours 26 millions de chômeurs, surtout chez les jeunes ».

L'emploi des jeunes, avec l'union bancaire, devra d'ailleurs figurer en tête des priorités de la prochaine mandature, a dit le président. C'est sur ces sujets ainsi que sur le financement de l'économie réelle que devront être prises les « décisions les plus cruciales ». Il faudra absolument « éviter une reprise sans emploi », a-t-il mis en garde. D'où l'importance de mener à bien « toutes les réformes structurelles préconisées dans les recommandations par pays ». Au niveau européen, a-t-il dit, il faudra encore plus « exploiter le potentiel du marché intérieur », « éliminer toutes les barrières pour les entreprises et les personnes ». M. Barroso a cité notamment l'exemple du marché des télécoms. Sur l'union bancaire, il faudra pouvoir adopter tous les dispositifs avant la fin de la mandature, a-t-il encore fait valoir. Et l'UE devra être à la pointe de l'innovation et investir davantage dans la recherche et les sciences.

Mais pour cela, les États membres auront à s'accorder sur un budget européen pertinent, le président Barroso appelant le Conseil à adopter au plus vite des perspectives financières 2014-2020 toujours bloquées. Enfin, si l'UE veut peser, elle devra aussi mettre en place son « union politique », a encore insisté M. Barroso, la seule voie pour « consolider tous nos progrès ». Le renforcement de la dimension sociale, la défense de l'état de droit ou l'égalité totale de traitement entre tous les États membres en constitueront les premiers piliers.

Un discours assez long, ponctué de références à l'actualité notamment sur le dossier syrien (pour lequel M. Barroso a soutenu les récentes propositions de mise sous contrôle de l'arsenal chimique), qui a reçu un soutien mesuré de la part de l'assemblée. Pour le chef du PPE au Parlement, Joseph Daul, le travail de M. Barroso doit ainsi être « salué » mais si les signes de relance sont effectivement présents, l'UE doit absolument continuer ses réformes structurelles. Le groupe S&D s'est montré plus prudent. Si la délégation française a elle dénoncé « l'euroblabla » de M. Barroso, le leader du groupe, Hannes Swoboda, a surtout rappelé la fragilité de la reprise. « En Espagne, ce sont seulement 31 nouveaux emplois qui ont été créés le mois dernier », a-t-il lancé. « C'est ça la relance ? ». Il faut plus de « cohésion, plus de solidarité » et défendre « les libertés publiques », a plaidé Hannes Swoboda.

Guy Verhofstadt (ADLE, Belgique) a aussi jugé que l'Europe se devait d'« éviter la complaisance ». « Les choses les plus importantes à faire sont encore devant nous », a-t-il lancé, mettant en garde l'UE contre un « hiver japonais », une longue période de croissance molle sans création d'emplois. Et « ce discours de l'Union ne donne pas de vision cohérente pour éviter cela ». Pour Guy Verhofstadt, des réformes essentielles sont à mener: « l'union bancaire bien sûr, une eurozone plus intégrée avec une véritable gouvernance et des instruments communs et peut-être un rôle plus fort pour la Banque centrale européenne ». Il faut aussi travailler plus vite avec le Conseil sur certains dossiers, par exemple sur l'agenda numérique. Les Verts/ALE se sont montrés critiques sur le contenu des politiques menées jusqu'à présent. Reprenant la référence aux origines de l'UE dressée par le président Barroso, à savoir la construction de la paix, l'Allemande Rebecca Harms s'est justement demandé « pourquoi nous n'avons pas pu défendre ce miracle européen ces dernières années » et quelle direction l'on voulait « maintenant donner à cette croissance ». Pour la vice-présidente, « on n'a fait que repousser l'agenda climatique et maintenant l'on parle de donner des subventions au nucléaire ou aux énergies fossiles ; ce n'est pas du tout dans l'intérêt des citoyens ». Rebecca Harms s'est aussi émue du fonctionnement de l'UE quand « Edward Snowden trouve asile chez Poutine ! ». « C'est quoi ces valeurs ? », a-t-elle demandé, jugeant que la confiance des citoyens ne pourra être regagnée qu'avec « une autre politique». (SP)

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