Bruxelles, 17/07/2013 (Agence Europe) - Le COPA-COGECA s'est opposé, mercredi 17 juillet, à la position de la commission environnement du Parlement européen en faveur d'une limite de 5,5% pour l'utilisation de biocarburants produits à partir de cultures arables en 2020 (EUROPE 10886). « Une telle limite menacerait non seulement l'avenir de l'industrie européenne des biocarburants, mais également l'approvisionnement en aliments pour animaux et irait en outre à l'encontre de la stratégie UE 2020 pour la croissance et l'emploi, ainsi que des objectifs en matière de climat et d'énergie », selon un communiqué de ces organisations.
Pekka Pesonen, le secrétaire général du COPA-COGECA, a rappelé que les agriculteurs et l'industrie ont considérablement investi dans ce secteur (compte tenu de l'engagement de l'UE de garantir que 10% des carburants utilisés dans le transport proviennent de sources d'énergies renouvelables d'ici à 2020). Les amendements de la commission environnement du PE sont jugés inacceptables car ils signifient « une plus grande consommation de carburants fossiles et plus d'émissions de CO2 par les transports d'ici à 2020. Certains opérateurs ont déjà élaboré des projets pour 2020 qui vont au-delà de la limite de 5%. Le vote en faveur d'une limite de 5,5% met brutalement fin au développement du secteur dans plusieurs pays, menaçant 220 000 emplois, en particulier dans les zones rurales de l'UE », explique M. Pesonen.
Cela menace également l'approvisionnement en aliments pour animaux. En effet, la production de biocarburants apporte d'importants bénéfices au secteur de l'alimentation animale, étant donné que les graines de colza peuvent être utilisées simultanément pour la production de biodiesel et pour l'alimentation animale. La majorité reste dans le secteur de l'alimentation animale.
Le COPA-COGECA appelle les eurodéputés à veiller, lors de leur vote en plénière en septembre, à la viabilité de l'industrie des biocarburants. Il estime que les arguments en faveur de l'utilisation des biocarburants sont solides. Ils apportent des bénéfices en termes de réduction de la dépendance vis-à-vis du pétrole et des émissions de gaz à effet de serre, de stabilisation des marchés des produits de base, d'emploi dans les zones rurales et de garantie de l'approvisionnement en aliments pour animaux. « Ils n'ont aucun impact sur les prix des denrées alimentaires par rapport aux fondamentaux du marché tels que les prix du pétrole, les taux de change, les phénomènes climatiques extrêmes et les restrictions ad hoc de politique commerciale. » Le COPA-COGECA exhorte les eurodéputés à garantir qu'au moins 8% des carburants de transport soient issus de cultures arables d'ici 2020 et à s'opposer aux facteurs ILUC et aux comptes multiples. Les comptes multiples constituent une « ruse statistique qui induit en erreur les citoyens quant au niveau réel de la part de biocarburants dans les mélanges avec des carburants fossiles et créent l'illusion que les objectifs environnementaux sont atteints ».
M. Pesonen a rappelé qu'il fallait également travailler à la protection des terres riches en carbone et de la biodiversité dans les pays tiers par le biais d'accords bilatéraux, de soutien financier et de conseil juridique. (LC)