Bruxelles, 17/07/2013 (Agence Europe) - Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a dénoncé mardi 16 juillet la note de l'Union européenne avec les lignes directrices concernant les prêts, subventions et instruments financiers de l'UE, qui limitent leur utilisation à partir de 2014 au territoire d'Israël, et donc excluent les colonies (EUROPE 10889). « Nous n'accepterons pas de diktats de l'extérieur sur nos frontières », aurait-il affirmé selon son bureau, ajoutant que « cette question ne sera tranchée que dans le cadre de négociations directes entre les parties ».
Selon lui, « les Européens semblent avoir un sens déformé des priorités ». « J'aurais pensé que ceux qui s'inquiètent pour la paix et la stabilité dans la région n'évoqueraient une telle question qu'après avoir réglé des problèmes légèrement plus urgents, comme la guerre civile en Syrie et la course de l'Iran pour se doter d'armes nucléaires », a expliqué M. Netanyahu.
Par ailleurs, dans un extrait d'une interview à paraître le 21 juillet dans le quotidien Die Welt et publié par le Welt am Sonntag, pour le Premier ministre israélien, cette décision « est une tentative de tracer les frontières d'Israël de force à travers une pression économique, plutôt que par les négociations ». « Cela renforce la position palestinienne et fait perdre à Israël la confiance dans la neutralité de l'Europe » dans le processus de paix. M. Netanyahu considère que la note crée « un mur de Berlin politique et économique au centre de Jérusalem » et que revenir aux frontières de 1967 est inenvisageable, car cela mettrait « l'existence (d'Israël) en danger ». Il a précisé que maintenant que les Américains s'engagent pour relancer le processus de paix « cette décision vient saper leurs efforts ». Une source européenne a précisé que la note ne préjuge pas de la solution au conflit israélo-palestinien et que la solution doit être négociée sur la question des frontières, des réfugiés, de Jérusalem et de la sécurité.
Le Premier ministre israélien a convoqué le 16 juillet la ministre de la Justice, Tzipi Livni, également négociatrice en chef avec la partie palestinienne, le ministre du Commerce et le vice-ministre des Affaires étrangères, Zeev Elkin, pour discuter de cette note. Mme Livni a qualifié d'« inquiétante » cette décision européenne. « C'est triste qu'on en soit arrivés là, mais maintenant tout le monde comprend que les négociations sont le seul moyen de protéger nos intérêts diplomatiques », a-t-elle expliqué dans un communiqué.
Pour le gouvernement palestinien, l'initiative européenne est « une étape très importante pour arrêter la construction de colonies et mettre fin à l'occupation ». « C'est un signe positif qui montre que la communauté internationale prend désormais des mesures pratiques pour punir Israël de ses infractions », a souligné le ministre palestinien de l'Économie, Jawad Naji. « Nous espérons que cette mesure européenne conduira à une décision finale interdisant l'ensemble des produits des colonies israéliennes en Europe », a-t-il ajouté. L'UE réfléchit actuellement à l'étiquetage des produits issus des colonies mais pas à leur interdiction (EUROPE 10849).
Le soutien de l'UE au droit international n'est pas une surprise
De son côté, sur son compte Twitter, le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, a précisé que ce n'était pas « une surprise que l'UE soutienne le droit international dans les efforts de paix au Proche-Orient ». « Israël attendait-elle vraiment que l'UE finance l'expansion des colonies illégales ?», s'interroge-t-il. Le processus de paix au Proche-Orient sera discuté lors du Conseil Affaires étrangères du 22 juillet. (CG)