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Bulletin Quotidien Europe N° 10888
Sommaire Publication complète Par article 34 / 34
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 1012

*** MARTINA TOPIC, SINISA RODIN (sous la dir. de): Cultural Diplomacy and Cultural Imperialism. European perspective(s). Peter Lang (1 Moosstrasse, Postfach 350, CH-2542 Pieterlen. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). 2012, 243 p., 41,95 €. ISBN 978-3-631-62162-2.

Comment la diplomatie culturelle se manifeste-t-elle dans les pays d'Europe ? Reste-t-elle coupable de faire le lit, parfois, d'un certain impérialisme culturel ? Et où l'Union européenne elle-même se situe-t-elle sur ce registre ? C'est à ces questions, et à beaucoup d'autres encore, que cet ouvrage apporte des réponses interdisciplinaires, collectées au cours d'un programme de recherches financé par la Commission Barroso sous le couvert du 7ème Programme-cadre. Dans un premier temps, la sociologue Martina Topic (Université de Zagreb) et l'historienne de l'art Cassandra Sciortino s'emploient à clarifier ce qu'est - ou, du moins, ce qui relève de - la diplomatie culturelle selon la littérature académique, celle-ci étant notamment une manifestation du soft power. Elles situent ensuite la relation complexe nouée entre l'Europe, l'Union, ses États membres et la culture. De la Déclaration sur l'identité européenne adoptée à Copenhague en 1973, elles déduisent ainsi, par exemple, que les décideurs européens estiment qu'une civilisation commune peut être l'apanage des citoyens tandis que la culture doit rester, elle, confinée à l'intérieur des frontières nationales - bien peu d'évolutions ayant été observées sur ce plan depuis lors, même si la politique culturelle européenne a connue entre-temps une évidente montée en puissance et a même été jusqu'à prêter le flanc, selon certains, aux soupçons de refléter des visées culturellement impérialistes. S'intéressant aussi aux actions culturelles développées par l'Union, Topic et Sciortino s'attardent notamment sur la « Journée de l'Europe » des 9 mai qui vise à favoriser, chez les citoyens européens, un sentiment de citoyenneté européenne, raison pour laquelle cette festivité est niée en Grande-Bretagne.

De la sorte, ces deux auteurs montrent que les efforts significatifs déployés par la Commission pour développer une identité européenne fondée sur une civilisation et culture communes restent essentiellement le dessein d'une élite. Explorant différentes pratiques dans le domaine de la diplomatie culturelle, la plupart des contributions en attestent, les auteurs cherchant aussi à voir si cette forme de diplomatie implique la mise en œuvre de politiques culturellement impérialistes. Une première partie de l'ouvrage s'attarde précisément sur cette question, d'abord à travers un regard d'historien sur la manière dont la diplomatie culturelle hongroise a exploité son pavillon à l'Exposition universelle de Paris en 1900 afin d'échapper à la tutelle de la monarchie des Habsbourg. Sur la base d'une approche ethnographique, Margarita Kefalaki montre, elle, à partir du cas de la Corse, combien l'impérialisme culturel d'une grande puissance, la France en l'occurrence, a provoqué des dégâts en Corse, tant sur le plan linguistique que pour les danses locales. La deuxième partie de l'ouvrage est consacrée, elle, à la diplomatie culturelle orientée vers l'extérieur, laquelle confirme notamment un modèle propre à l'Union qui veut que chaque État membre se met en vitrine sans référence à l'Europe, hormis pour les pays candidats qui, eux, insistent sur leur appartenance à la civilisation européenne. C'est le cas évident du Royaume-Uni qui, selon Atsuko Ichijo (Université de Kingstom et coordinatrice du projet de recherche), ne cesse pas de projeter la britannicité à travers le British Council grâce à une diplomatie publique et culturelle dont les instruments sont le système d'éducation et la langue. Laurens Runderkamp montre, lui, que les Pays-Bas et l'Allemagne ne promeuvent pas davantage la culture européenne, deux autres auteurs analysant pour leur part les causes de l'absence d'identification européenne en Roumanie, ainsi que la très mauvaise image, emplie de stéréotypes, de ce pays et de ses ressortissants à l'étranger. Le dernier chapitre de cette partie est consacré à la diplomatie culturelle développée par la Turquie, Ayhan Kaya et Ayse Tecmen montrant que ce pays vise, contrairement aux apparences, à promouvoir une hégémonie néo-ottomane plutôt qu'à servir la cause d'une adhésion à l'Union européenne.

La troisième partie porte sur les stéréotypes qui peuvent altérer la diplomatie culturelle à la lumière des cas tchèque et slovaque, d'une part, et des dommages causés par le comportement de Silvio Berlusconi qui, selon Diego Albano (Université de Vérone), n'ont pas seulement affecté l'Italie mais l'Europe tout entière. La dernière partie du livre porte enfin sur la diplomatie culturelle dirigée tant vers l'intérieur que vers l'extérieur, la question étant notamment étudiée à la lumière de la promotion touristique à laquelle se livre la Croatie. Sur ce plan, les propos les plus sévères sont toutefois réservés aux actions diplomatiques culturelles que mène l'archevêque orthodoxe grec qui est, selon Alexandros Sakellariou, est capable de parler de l'islam lorsqu'il s'adresse aux Européens et de stigmatiser un Occident immoral lorsqu'il parle aux Grecs. Ce qui est une autre manière de démontrer que l'idée européenne reste avant tout le jouet des intérêts nationaux…

Pierre Bouvier

*** SILVIA BRUTI, ELENA DI GIOVANNI (sous la dir. de): Audiovisual Translation across Europe. An Ever-changing Landscape. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection "New Trends in Translation Studies", n° 7. 2012, 283 p., 60,20 €. ISBN 978-3-0343-0953-0.

Cet ouvrage fait le point sur l'expansion des études et pratiques relatives à la traduction audiovisuelle dans les institutions européennes, les universités et les différents domaines d'activités. Dans une première partie, ce sont les relations et croisements entre la traduction audiovisuelle et la culture qui sont étudiées par les auteurs de neuf contributions, la plupart d'entre eux tournant autour de l'idée que la traduction, par doublage ou sous-titrage, est conditionnée par la perception et la codification incorrectes des valeurs culturelles. Dans la deuxième partie, ce sont les nouvelles perspectives relatives à l'accessibilité des médias qui se trouvent à l'honneur, les quatre contributions confirmant que cette accessibilité peut - et doit même - être considérée à la fois comme un atout et un droit universel.

(PBo)

*** RALPH M. WROBEL (sous la dir. de): Ethnische Minderheiten und Erinnerungskulturen in Mittel- und Osteuropa. Ergebnisse des 7. Sächsischen Mittel- und Osteuropatages in Zwickau (27.10.2010). Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection « Sachsen - Mitteleuropa - Osteuropa », n° 3. 2012, 224 p., 39,95 €. ISBN 978-3-631-63734-0.

Cet ouvrage réunit des textes traitant des minorités en Allemagne et de la culture du souvenir en Europe centrale et en Europe de l'Est, trois sujets principaux étant abordés. Tout d'abord, des auteurs se penchent sur les minorités nationales et la politique linguistique mise en place après l'ère soviétique en s'arrêtant notamment sur des aspects précis de cette politique et en citant l'exemple de la république de Bouriatie (en Russie). D'autres spécialistes s'intéressent ensuite au système éducatif et au développement des contacts linguistiques entre Allemands et Polonais dans la province de Haute-Silésie. Ils y présentent le développement du système éducatif dans la province à l'époque prussienne. D'autres auteurs abordent enfin la culture du souvenir à proprement parler.

(SH)

*** Dokumente / Documents. Zeitschrift für den deutsch-französischen Dialog / Revue du dialogue franco-allemand. Verlag Dokumente (86 Dottendorfer Strasse, D-53129 Bonn. Tél.: (49-228) 92129365 - fax: 690385 - Courriel: aboservice@dokumente-documents.info - Internet: http://www.dokumente-documents.info ). 2013, n° 2, 112 p., 7 €. Abonnement: 18,90 €.

A l'occasion du cinquantième anniversaire du Traité de l'Elysée et alors que, selon Gérard Foussier, les relations politiques franco-allemandes ne sont pas au beau fixe, cette revue consacre un dossier aux ouvrages qui parlent de ces deux pays et aux traductions qui, selon le rédacteur en chef de la revue, font plus pour leur rapprochement que « les discours quotidiens du monde politique ou économique »…

(MT)

*** CHRISTIAN JOERGES, PEER ZUMBANSEN (sous la dir. de): Politische Rechtstheorie Revisited. Rudolf Wiethölter zum 100 Semester. Zentrum für Europäische Rechtspolitik (Zerp, Universität Bremen, Universitätsallee GW1, D-28359 Bremen. Tél.: (49-421) 21866200 - fax: 21866230 - Courriel: zerp@zerp.uni-bremen.de - Internet: http://www.zerp.eu ). Collection « Zerp Diskussionspapier », n° 1. 2013, 225 p..

Edité par le Centre de droit et de politique européen de l'Université de Brême, ce livre voit plusieurs auteurs se succéder pour débattre de théories relatives aux domaines juridiques et politiques. Le personnage central du livre est Rudolf Wiethölter, juriste allemand et professeur émérite à la Goethe Universität de Francfort-sur-le-Main. Les auteurs s'intéressent à des sujets aussi divers que la tragédie « Ajax » de Sophocle appliquée au domaine juridique, l'état d'avancement des sciences politiques en 1968, les remarques concernant le centième semestre de Rudolf Wiethölter à la Goethe Universität, mais aussi la jurisprudence en tant que soutien à la législation et l'administration politique en Europe.

(SH)

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