Bruxelles, 15/07/2013 (Agence Europe) - Un quatrième round de négociations a accouché de l'échange des offres tarifaires initiales entre l'UE et son partenaire du sud-est asiatique.
L'UE et le Vietnam ont bouclé la semaine dernière à Bruxelles, du 2 au 5 juillet, leur quatrième session de pourparlers en vue d'un accord de libre-échange. Tous les chapitres couverts par l'accord - droits de douane et barrières non tarifaires, services, investissement, marchés publics, questions réglementaires, concurrence, développement durable - ont été discutés. Pour la première fois depuis le début des négociations, lancées en juin 2012, les deux parties ont échangé une série d'offres tarifaires initiales.
Au-delà de la libéralisation tarifaire, le commissaire Karel De Gucht avait insisté, lors d'un voyage à Hanoï, début mars, sur les efforts de réformes nécessaires de la part du Vietnam, en particulier en matière de privatisation des entreprises d'État. Bruxelles et Hanoï se sont donnés trois ans pour sceller un accord. Le cinquième round de négociations se tiendra au Vietnam avant la fin de l'année.
Le Vietnam est le cinquième partenaire commercial de l'UE dans la région ASEAN. Les échanges bilatéraux de marchandises ont atteint près de 24 milliards d'euros en 2012, avec 5,3 milliards d'exportations pour l'UE contre 18,5 milliards d'exportations pour le Vietnam. L'UE est le quatrième investisseur étranger au Vietnam avec 1,061 milliard de dollars d'investissements directs engagés en 2012 dans le pays.
Droits de l'homme, la FIDH tacle l'UE. La fédération internationale des ligues des droits de l'homme a pointé du doigt, le 3 juillet, l'absence d'une évaluation d'impact sur droits de l'homme dans le cadre du futur accord commercial entre l'UE et le Vietnam. L'ONG, qui a obtenu confirmation par la Commission de cette lacune, pointe du doigt le non respect par l'UE de ses engagements en la matière. « Il est connu aujourd'hui que le commerce international et les investissements peuvent avoir des effets positifs sur les droits de l'homme, mais ils contribuent souvent à saper la protection des droits de l'homme et à aggraver la situation sociale, économique, civile et politique des citoyens, en particulier ceux des pays en développement et les États où la corruption est élevée et la transparence est faible », souligne la FIDH, qui appelle le Parlement européen et le Conseil à rectifier le tir. D'autant plus que, depuis 2009, 160 militants pacifiques ont été condamnés à 1 052 années de prison par une répression brutale du gouvernement vietnamien, précise l'ONG. (EH)