Bruxelles, 15/07/2013 (Agence Europe) - Pour la première fois depuis le renversement de Mohamed Morsi le 3 juillet, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a souligné, dimanche 14 juillet au nom des 28 États membres, qu'il était « de la plus haute importance que l'Égypte retourne rapidement à un gouvernement légitime et des structures démocratiques répondant aux aspirations démocratiques et socio-économiques » des Égyptiens.
Pour l'UE, l'armée doit accepter et respecter l'autorité constitutionnelle du pouvoir civil comme principe de base de la gouvernance démocratique. « L'UE souligne en particulier l'importance de la tenue d'élections démocratiques dans les plus brefs délais », ajoute Mme Ashton dans le communiqué, qui reprend ce qu'elle a déjà mis en avant précédemment en son nom propre.
Considérant la « réconciliation nationale (…) primordiale », les États membres appellent à « un dialogue inclusif, large et substantiel de toutes les forces politiques engagées en faveur du respect des principes démocratiques ». « C'est au peuple égyptien de décider de la voie à suivre, y compris la tenue d'élections libres et équitables lors desquelles toutes les parties pourront rivaliser, et de travailler pour convenir d'une Constitution comme base solide pour une Égypte unie, démocratique et prospère », avec les contrôles et contrepoids nécessaires, explique Mme Ashton. Et d'ajouter: le succès de ce processus dépendra « de la libre participation de tous les acteurs politiques, y compris (le parti) Liberté et Justice (des Frères musulmans) », soulignent les États membres, encourageant les Frères musulmans à y prendre part.
Appel à la libération de prisonniers politiques sans citer Morsi
Ayant pris note de la déclaration constitutionnelle et du calendrier présenté par le président intérimaire Adly Mansour, l'UE demande « instamment » que la primauté du droit, y compris la responsabilité, les droits de l'homme et des libertés fondamentales (dont celle de réunion, d'expression, de religion ou de conviction), et le droit à un procès équitable « soient pleinement respectés ». Ainsi, tous les médias « doivent être libres de fonctionner » et les journalistes ne devraient pas être pénalisés en raison de leur activité professionnelle, ajoutent les Vingt-huit. Ils exhortent les autorités intérimaires « à n'épargner aucun effort » pour que les arrestations politiquement motivées et d'autres formes de harcèlement ne se produisent pas. « Tous les prisonniers politiques doivent être libérés, et les affaires pénales examinées rapidement d'une manière transparente », ajoutent les États membres, sans toutefois mentionner l'ancien président Mohamed Morsi, pour lequel l'Allemagne et la Suède ont appelé à la libération (EUROPE 10887).
L'UE déplore également les violences et l'usage excessif de la force dans de récents affrontements, soulignant que la manifestation pacifique doit être autorisée et protégée par les autorités et appelant à la fin de la violence sexuelle lors des rassemblements. L'UE prend note des enquêtes ouvertes suite à ces violences et espère qu'elles seront indépendantes, approfondies et opportunes (EUROPE 10884). Les manifestations des partisans et des personnes hostiles à M. Morsi se poursuivent dans le pays.
Préoccupée par la détérioration continue de l'économie égyptienne, l'UE invite les autorités intérimaires égyptiennes à prendre des « mesures urgentes et concrètes » pour relever les défis économiques.
L'UE prête à collaborer, sous conditions
« Sur la base de ces principes », l'UE s'est dit prête à coopérer avec le gouvernement intérimaire.
L'Égypte sera au menu du Conseil Affaires étrangères du 22 juillet. (CG)