Bruxelles, 02/07/2013 (Agence Europe) - Les députés européens ont majoritairement salué, mardi 2 juillet à Strasbourg, l'accord sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de l'UE pour 2014-2020, malgré des critiques assez virulentes du côté des Verts et de la GUE/NGL. Le PE se prononce, ce mercredi, dans une résolution sur son appréciation politique du compromis atteint. Il votera sur les textes juridiques en septembre (ou octobre).
Gay Mitchell (PPE, irlandais) a estimé que la présidence irlandaise a été un « succès ». Un peu plus tôt, Joseph Daul, le président du groupe PPE, a salué l'accord sur le CFP. Il a souligné l'importance de ce budget dans la lutte contre le chômage des jeunes. « Grâce aux 10 milliards d'euros supplémentaires accordés à la BEI, l'Europe contribue aussi à financer les PME », a-t-il ajouté.
Hannes Swoboda (S&D, Autriche) a estimé qu'on aurait pu arriver plus tôt à un accord sur le CFP. L'argent dégagé servira aux plus démunis, aux actions de lutte contre le chômage des jeunes et à la recherche, a-t-il rappelé. « Nous avons besoin de la flexibilité (budgétaire) pour laquelle nous nous sommes battus pour que tout cet argent prévu soit vraiment dépensé plutôt qu'il revienne aux ministères des Finances des pays de l'UE », a-t-il ajouté. Il a fustigé par ailleurs l'arrogance et l'indécence dont font preuve certains acteurs du secteur bancaire, qui demandent de l'argent des bonus. M. Swoboda a appelé de ses vœux une véritable union bancaire.
« Il est incroyable que vous ayez pu arriver à bon port », a déclaré Anne Jensen (ADLE, Danemark). Le CFP est « un peu moins ambitieux que ce que nous voulions » (il y a « trop pour l'agriculture », a-t-elle noté).
« Je ne comprends pas cette autosatisfaction », a lancé Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE, France). S'adressant au Premier ministre irlandais, il a estimé que l'UE n'a pas un budget à la hauteur du défi de la crise. Il a parlé d'un accord « au rabais », avec 9 milliards pour les jeunes acceptés par le président du PE Martin Schulz (S&D), alors que le candidat social-démocrate (SPD) en Allemagne, Peer Steinbrück, a dit qu'il fallait « 20 milliards au moins pour arriver à lutter contre le chômage des jeunes ». « De qui se moque-t-on », a insisté M. Cohn-Bendit. En refusant de mettre son veto sur le CFP, le PE a raté le moment de résister à cet égoïsme national mené par Cameron. « Quand on demande un budget européen avec des ressources propres, on nous dit non. » Et selon lui il n'y aura « rien » sur les ressources propres lors de la révision en 2016 du CFP. Il a conclu en disant que les chefs de gouvernement veulent le pouvoir sur l'Europe, et pas un pouvoir démocratique contrôlé par le Parlement.
Richard Ashworth (ECR, Royaume-Uni) a estimé que l'accord sur le CFP est un « grand succès ». Il a insisté toutefois sur le fait que la flexibilité ne doit pas se substituer à la discipline et qu'il faut s'assurer de l'absorption des crédits pour les PME et la lutte contre le chômage des jeunes.
Paul Murphy (GUE/NGL, Irlande) a estimé que l'accord sur le CFP représente « le premier budget d'austérité dans l'histoire de l'UE ».
Sur le CFP, le Premier ministre irlandais, Enda Kenny, a déclaré: « Nous avons écouté le PE », qui a demandé des gages (flexibilité, clause de révision, unité du budget, ressource propres) en l'échange de l'approbation des montants arrêtés (960 milliards d'euros) par le Conseil européen en février. C'est le PE qui s'est fait l'avocat d'un certain nombre de mesures importantes (mettre à disposition plus rapidement les ressources pour la recherche et l'innovation, flexibilité au bénéfice de la lutte contre le chômage des jeunes, maintien au niveau actuel de l'aide aux plus démunis), a souligné M. Kenny. Le PE a fait du CFP « un meilleur instrument et nous avons respecté le rôle et le mandat du PE », a-t-il estimé, en ajoutant que « nous avons aussi fait de notre mieux pour respecter le rôle et le mandat du Conseil ».
Résultats significatifs sous présidence irlandaise
Enda Kenny a parlé de six mois « pleins et productifs », et a estimé que la présidence sous son leadership a réalisé des « résultats significatifs ». « Je suis heureux de vous annoncer que nous avons réussi à engranger des résultats. Nous avons tenu nos engagements », a déclaré Enda Kenny. Il estime que la crédibilité de l'UE a été renforcée aux yeux de nos concitoyens. Parmi les résultats, il a cité ceux obtenus dans les domaines suivants: - l'Union bancaire (superviseur unique, règles de financement de fonds propres et de capital, règles en cas de redressement et la résolution des défaillances des établissements de crédits) ; - mesures en faveur de l'emploi, de la croissance et des PME ; - le lancement des négociations sur l'accord commercial avec les USA (il faut une relation transatlantique « d'égal à égal et ouverte », a-t-il ajouté ; - la réforme de la politique agricole commune (PAC) ; - programme Erasmus+ (doté de 16 milliards) ; - le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation. Il a insisté sur le besoin de mettre un terme à « l'horreur » du chômage des jeunes et salué dans ce contexte l'accord sur la 'garantie jeunesse'. (LC)