Bruxelles, 02/07/2013 (Agence Europe) - L'ETS joue son va-tout ce mercredi 3 juillet, le climat aussi, selon les ONG. À la veille du vote du Parlement européen, prévu mercredi à Strasbourg sur la réforme à court terme du système d'échange de quotas d'émissions (ETS) de l'UE, les ONG de l'environnement et de la société civile appellent les eurodéputés à voter utile pour sauver le climat. Les unes pressent la session plénière d'approuver le compromis trouvé le 19 juin par la commission parlementaire de l'environnement sur le gel temporaire de la mise aux enchères de 900 millions de quotas excédentaires en début de troisième période d'échange de l'ETS dans l'espoir de faire remonter le prix de la tonne du carbone tombé trop bas pour permettre à l'ETS de jouer son rôle (EUROPE n° 10870). Les autres, plus radicales voient dans cette proposition de 'backloading', un pansement sur une jambe de bois, et demandent à la plénière de rejeter l'ETS au profit de mesures permettant de lutter plus efficacement contre le réchauffement que ne le fait cet instrument de marché.
Une réforme incontournable. D'une même voix et sans hésiter, Can Europe et le WWF appellent les députés européens à « appuyer sur le bon bouton » en approuvant le projet de 'backloading' qu'elles soutiennent pleinement, même si elles déplorent que le compromis transmis sans amendements à la plénière ait « malheureusement encore édulcoré » la proposition. Selon elles, cette réforme est incontournable pour réparer l'ETS qui ne fonctionne pas comme prévu puisque, en l'état, il ne contribue ni à atteindre l'objectif de l'UE de réduire de 80 à 95% les émissions de gaz à effet de serre, ni à accélérer la transition requise vers une économie sobre en carbone, rappellent-t-elles. Mais, soulignent les deux ONG, le 'backloading' doit immédiatement être suivi d'une réforme structurelle de l'ETS qui commencerait par l'annulation des quotas temporairement gelés.
« Les députés européens ont une nouvelle occasion de montrer qu'ils votent pour le climat plutôt que pour davantage de pollution à court terme. Puisque le président Obama vient juste d'annoncer publiquement un plan de lutte contre le changement climatique, est-il possible que l'UE veuille se laisser distancer par les États-Unis dans la course pour un avenir vert ? », déclare Julia Michalak, de Can Europe.
Sam Van den Plas, expert en politique climatique de l'UE au sein du WWF, renchérit en ces termes: « L'ETS s'effondre sous le poids de tonnes de CO2 excédentaires, le Parlement doit alléger ce poids suffisamment longtemps pour que le système retombe sur ses pieds. »
Stop aux combustibles fossiles. Plus radicales, 44 organisations de la société civile du monde entier estiment qu'il est grand temps d'arrêter de se focaliser sur ce que serait 'le bon prix' de la tonne de carbone en guise de moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Aussi appellent-elles le Parlement à rejeter l'ETS et à recentrer d'urgence son attention sur de véritables mesures en faveur du climat - dont l'élimination des combustibles fossiles - car selon elles, l'ETS ne fait que pérenniser l'utilisation des combustibles fossiles dans l'UE. Dans une déclaration commune publiée le 1er juillet, les 44 signataires du monde entier recensent quelques-unes des priorités d'action les plus urgentes requises, selon eux, de la part de l'UE.
Figurent au nombre de ces priorités une interdiction européenne des projets de fracturation pour l'extraction des gaz de schiste, l'élimination des subventions publiques pour l'exploration et l'utilisation des combustibles fossiles, des changements structurels dans les modèles de consommation et de production et le soutien aux initiatives en faveur des énergies durables, menées à une petite échelle, et ce, qu'elle soient aux mains de communautés locales ou de gouvernements, l'arrêt des négociations d'accords de libre-échange et de traités bilatéraux d'investissement qui permettent à l'UE d'importer des marchandises produites à partir d'énergies non durables et de contourner les réglementations environnementales. (AN)