Porto/Bruxelles, 02/07/2013 (Agence Europe) - Le chef du groupe PPE au Parlement européen, le Français Joseph Daul, a livré à EUROPE son point de vue sur les élections européennes de mai 2014 et le scandale des écoutes des Européens menées par les services de renseignements américains, à l'occasion de l'Université d'été d'European Ideas Network, le think tank du PPE, qui s'est tenue fin juin à Porto. (SP)
Agence Europe (AE) - Comment le PPE aborde-t-il les prochaines élections européennes ?
Joseph Daul (JD) - Le PPE continue à faire son travail. En période de crise, il faut continuer sur notre programme. La pire des choses serait de changer de cap au milieu de la tempête. Au Portugal, il fallait répondre à la situation telle que l'avaient laissée les socialistes, à savoir des dettes énormes. Le seul problème pour nous, à l'approche des élections, c'est de combattre le populisme. On doit rester sur nos valeurs, ne pas courir derrière le populisme justement et cela même si, au final, nous perdons des voix. On doit continuer notre chemin, redonner la foi aux Européens.
(AE) - Le thème de l'université d'été est la relation entre l'UE et les États-Unis. Comment jugez-vous la relation transatlantique, alors que se multiplient notamment les scandales d'espionnage ?
(JD) - On a besoin de travailler ensemble. Cet accord de libre-échange va nous amener entre 1,5 et 2% de croissance. Mais il faut aussi se dire ce qui ne va pas et on va devoir travailler là-dessus. Clairement, le programme PRISM, ça ne va pas. Nous allons voir au Parlement européen comment y répondre. Peut-être faudra-il mettre en place une commission d'enquête. D'une manière générale, il faut que les Américains nous comprennent ; cela vaut aussi pour les questions des OGM, des poulets aux hormones ; ils doivent nous écouter et comprendre nos positions.
(AE) - Vous avez œuvré en faveur de l'accord sur le budget 2014-2020. Les Verts déplorent toutefois des changements cosmétiques, en particulier sur le chômage des jeunes...
(JD) - Nous avons beaucoup travaillé. Les chiffres n'étaient pas les nôtres et nous avons nettement amélioré ce qui était sur la table, notamment avec la flexibilité. Cela va nous permettre d'aider les jeunes, de favoriser l'innovation. Le verre, on le voit à moitié vide ou à moitié plein. Après les deux premières années, il y aura la révision budgétaire (au plus tard fin 2016) et je ne vois pas ce qui empêcherait le programme d'aide pour les jeunes de continuer. Et en attendant, faisons déjà cela pour sortir de la crise !