Bruxelles, 02/07/2013 (Agence Europe) - De nombreux dirigeants européens ont fait part, depuis le 20 juin, de leurs préoccupations concernant la situation en Égypte, appelant au calme et au dialogue, alors que l'opposition a appelé à la démission du président Morsi avant le 2 juillet, que l'armée a menacé le 1er juillet d'intervenir « si les revendications du peuple n'étaient pas satisfaites dans les prochaines 48h » et que les démissions au sein du gouvernement se multiplient.
« L'UE suit la situation intérieure en Égypte de très près, et prend note des dates limites et « ultimatum prononcés », a souligné mardi 2 juillet Michael Mann, le porte-parole de la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton. « La seule solution possible est politique et doit être fondée sur un consensus agréé par toutes les parties. L'Égypte doit continuer sa transition vers la démocratie », a-t-il poursuivi. M. Mann a réitéré l'appel de l'UE à toutes les parties « à respecter les principes de manifestations pacifiques et de non violence ».
En ouverture de la session plénière du Parlement européen le 1er juillet à Strasbourg, le président Martin Schulz a appelé les différentes parties « à s'abstenir de tout acte de violence », précisant que le PE suit de près la situation. Le président du groupe S&D au PE, Hannes Swoboda, a exhorté M. Morsi à mettre immédiatement fin à la violence. « Le gouvernement devrait organiser des pourparlers interpartis sans délai et trouver un compromis pacifique », a-t-il ajouté. Pour lui, « toute intervention de l'armée égyptienne serait inacceptable. L'Égypte ne doit pas revenir en arrière dans le temps et revenir à des chefs militaires qui dominent la vie politique ». Le PE débattra de la situation ce mercredi 3 juillet, en session plénière.
Plusieurs ministres européens des Affaires étrangères ont également appelé au calme. Le Britannique William Hague s'est dit « préoccupé » par la situation, précisant qu'il est « vital qu'elle soit résolue pacifiquement et dans une voie qui soutienne la transition démocratique ». « L'Égypte, dans sa situation difficile, doit trouver une voie à suivre dans le cadre d'un processus démocratique. Tout le reste doit être impensable », a souligné son homologue suédois Carl Bildt.
Le Belge Didier Reynders a appelé « toutes les parties au calme et à la retenue ». « Je leur demande de reprendre le dialogue afin de mettre tout en œuvre pour conduire l'Égypte et sa population vers la transition démocratique et le redressement économique », a-t-il poursuivi. Il s'est dit « préoccupé par les actes de violence lors de certaines manifestations » et précisé suivre « très attentivement la situation ». Le ministère des Affaires étrangères français a précisé qu' « il est de la responsabilité et du devoir des autorités égyptiennes démocratiquement élues d'entendre les préoccupations légitimes du peuple égyptien, en prenant des mesures fortes de nature à créer les conditions d'un nouveau consensus ». Il a encouragé « toutes les parties à agir dans l'esprit de compromis nécessaire au succès des idéaux de la révolution du 25 janvier ».
Le porte-parole du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme a appelé le 2 juillet le président Morsi « à écouter les revendications et les souhaits exprimés par le peuple égyptien au cours des immenses manifestations de ces derniers jours ». Il a aussi exhorté « tous les partis politiques et toutes les organisations sociales à entamer sans délai un dialogue national sérieux pour trouver une solution à la crise politique et éviter une escalade de la violence ». (CG)