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Bulletin Quotidien Europe N° 10879
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) conseil europÉen

Eurobonds, la composition du groupe d'experts dévoilée

Bruxelles, 02/07/2013 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso, a annoncé la mise sur pied du groupe d'experts chargé d'étudier d'ici à mars 2014 la faisabilité d'une mutualisation de la dette souveraine dans la zone euro, mardi 2 juillet lors d'un débat au PE sur les résultats du Conseil européen (EUROPE n° 10877).

« Conformément à nos engagements vis-à-vis du Parlement européen et relatifs à l'accord sur le 'Two Pack', la Commission européenne est en train de créer un groupe d'experts qui évaluera les mérites et les risques, les obligations juridiques et les conséquences financières inhérentes à l'émission conjointe de dette sous la forme d'un fonds de rédemption ou d'eurobills », a déclaré M. Barroso. Présidé par l'ancienne membre du directoire de la BCE, l'Autrichienne Gertrude Tumpel-Gugerell, ce groupe sera composé des quinze experts suivants: Agnès Bénassy-Quéré (membre du Cercle français des économistes), Vítor Bento (ancien directeur du trésor portugais), Graham Bishop (chercheur britannique ayant publié sur les eurobills), Claudia Buch (économiste allemande), Lex Hoogduin (économiste néerlandais), le Slovaque Ján Mazák, Belén Romana (présidente de la 'bad bank' espagnole SAREB), Ingrid Simonyte (ancienne ministre des Finances lituanienne), Vesa Vihriälä (directeur de l'institut de recherche finlandais ETLA), Béatrice Weder di Mauro (économiste suisse siégeant au conseil d'administration d'UBS). Sa mise sur pied est à mettre au crédit des principaux groupes du PE, hors PPE, qui a bataillé longuement avec les États membres sur cette question.

Les eurodéputés ont commenté les décisions du Conseil européen sur la lutte contre le chômage des jeunes, le financement des PME, l'union bancaire et le cadre financier pluriannuel (CFP) 2014-2020. « Il faut stopper les politiques d'austérité ! », a critiqué le président du groupe S&D, Hannes Swoboda. Sur le renforcement de l'Union économique et monétaire (UEM), il a prôné « une dimension sociale forte » qui permette de suivre l'évolution de la pauvreté dans l'UE. Au nom des libéraux, le Belge Guy Verhofstadt a déploré qu'un langage détaillé sur l'union bancaire (et particulièrement sur le futur mécanisme unique de restructuration bancaire qui sera proposé « d'ici deux semaines » selon M. Barroso), ait été « éliminé » des conclusions du Sommet parce qu'au-delà des « principes », il n'y a « pas d'accord sur l'union bancaire entre les États membres ». Or, sans l'union bancaire, il n'y aura pas d'argent qui parviendra aux PME européennes, quelle que soit l'implication de la BEI, a-t-il estimé. Pour Rebecca Harms, « le plus gros problème » actuel, c'est la récession qui frappe durement les économies du sud de l'Europe. Pour stimuler l'économie, Martin Callanan (CRE, Royaume-Uni) a appelé à plus d'ouverture des marchés et moins de réglementation et de bureaucratie, notamment à travers moins d'Europe. Évoquant « l'Empire » européen qui a posé son drapeau en Croatie, Nigel Farage (ELD, Royaume-Uni) a promis que les élections européennes de 2014 seront l'occasion de montrer que « le projet européen est réversible ». « L'UE ne sanctionne pas la Turquie mais la récompense ! », a critiqué Philip Claeys (NI, Belgique), en référence à la relance promise des négociations d'adhésion à l'UE.

Budget. Sur le budget 2014-2020, le leader du groupe PPE, le Français Joseph Daul, a fait part de son ras-le-bol des « marchandages » entre États membres. Refusant un budget déficitaire, il s'est félicité de la souplesse trouvée pour adapter le CFP au cours des 7 prochaines années. Il a souhaité que les institutions européennes entament dès 2014 des travaux sur « un vrai budget » qui finance les domaines d'activité où l'Europe a une vraie valeur ajoutée. « Le combat n'est pas terminé », a averti M. Verhoftstadt, citant les questions de la flexibilité du budget selon les lignes et les années et des ressources propres. Au nom de la GUE/NGL, l'Allemande Gabriele Zimmer a fustigé l'accord sur le budget. « À quoi sert la flexibilité si c'est pour reporter d'une année sur l'autres les déficits ? Avec 6 milliards d'euros pour les jeunes, que voulez-vous financer concrètement ? », a-t-elle lancé. (MB)

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