Bruxelles, 28/06/2013 (Agence Europe) - Une réunion du groupe de travail sur le Sahel a eu lieu lundi 24 juin, durant deux jours, à Oran (Algérie), et a abouti à la recommandation de coordonner la lutte contre les terroristes et leurs alliés qui se livrent notamment au trafic de stupéfiants et aux prises d'otages. La nécessité de renforcer les capacités dans la région a été recommandée. Cela implique une meilleure coordination entre les agences et organisations internationales et les pays de la région contre cette conjonction des crimes politiques et graduellement mafieux.
Cette recommandation a été faite par la trentaine d'experts internationaux et régionaux dont le coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme, Gilles De Kerchove, le représentant spécial européen pour la région du Sahel, Michel Reveyrand de Menthon, ainsi que le coordinateur adjoint au Bureau de lutte contre le terrorisme au Département d'État américain, Justin Siberrell, et le représentant spécial du président de l'Union africaine (UA), Francisco Madeira.
Les participants ont échangé au cours de cette réunion, sous la co-présidence de l'Algérie et du Canada, leurs analyses et prévisions dans la lutte menée au Sahel-Sahara pour réduire l'activité de groupes se livrant au terrorisme, au trafic d'armes et de stupéfiants, plus d'autres activités criminelles. Les Algériens mettent en avant, selon les médias locaux, la « mutation fulgurante des groupes terroristes dans la région qui, après avoir pris les habits de l'extrémisme religieux, ont investi actuellement le créneau du trafic d'armes et de stupéfiants ».
La préoccupation principale résulte de l'armement venant de Libye, qui « s'est volatilisé dans la nature au lendemain de la chute du régime de Kadhafi » et qui s'est « naturellement » accroché aux réseaux de trafic de stupéfiants lesquels ont tôt fait de passer des accords avec l'AQMI, entre autres. D'où, selon Kamel Rezzag-Bara, conseiller auprès du président algérien, la nécessité de recourir à la collaboration de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), en charge de la lutte contre les drogues illicites et la criminalité internationale (dont le siège se trouve à Vienne), et le Centre des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme (qui siège à New York au sein de l'ONU). La coordination entre toutes les organisations et agences internationales concernées s'appuiera sur un dispositif juridique en évolution - pour l'heure non contraignant- basé sur une résolution de l'ONU adoptée en décembre 2009 et prolongé par d'autres mesures de lutte contre le financement du terrorisme par le biais des divers trafics et les rançons versées pour la libération d'otages. (FB)