Bruxelles, 28/06/2013 (Agence Europe) - Un appel de la chancelière allemande, Angela Merkel, au Taoisach, Enda Kenny, à la veille du Conseil européen a conduit la présidence irlandaise sortante à accepter de reporter jusqu'à nouvel ordre le vote prévu le 26 juin au sein du Coreper sur les modalités de réduction des émissions de CO2 des voitures neuves à l'horizon 2020, qui avait fait l'objet d'un accord politique en trilogue deux jours plus tôt en confirmant l'objectif de 95 grammes de CO2/km (EUROPE n°10876 et 10874). Sans mentionner ce coup de fil ni les intérêts spécifiques des constructeurs allemands de grosses berlines, Angela Merkel a confirmé cet état de fait, vendredi 28 juin à l'issue du Conseil européen à Bruxelles.
« Nous nous sommes employés à ce que le vote n'ait pas lieu. Le résultat des négociations nous avait été livré très peu de temps avant. Il s'agit d'emploi, de coordination des politiques industrielles. Il faut du temps. Nous devons veiller à ne pas nous priver de la base industrielle qui est la nôtre ». Elle répondait à la question d'un journaliste allemand qui lui demandait si d'autres délégations avaient des objections.
Cette intervention au plus haut niveau, dénoncée jeudi par Matthias Groote, président de la commission parlementaire de l'Environnement, est un secret de polichinelle, tout comme l'est le lobbying des constructeurs automobiles allemands, préoccupés par cet objectif moyen de 95g/km pour la flotte européenne de voitures neuves (le niveau d'émission moyen pour des constructeurs allemand de grosses berlines est actuellement de 147 g CO2/km. Avant qu'Angela Merkel ne s'exprime devant la presse, des hauts fonctionnaires de l'UE avaient tenu à présenter le report du vote comme un consensus général, plusieurs délégations étant désireuses de disposer de suffisamment de temps pour analyser le résultat de la négociation en trilogue qui leur avait été livré la veille. Des ONG membres de la campagne 'Clean car' soupçonnent l'Allemagne de manœuvres dilatoires dans l'espoir qu'avec l'adhésion à l'UE de la Croatie, une minorité de blocage pourrait être constituée au sein du Conseil de l'UE. (AN)