Bruxelles, 28/06/2013 (Agence Europe) - Le programme de rigueur et de réformes lancé au Portugal en échange de son sauvetage financier reste sur la bonne voie, a estimé mercredi la Commission européenne dans un nouveau rapport d'étape, et cela en dépit des difficultés économiques plus importantes que prévu. « L'application du programme reste globalement sur la bonne voie, dans le cadre d'une situation économique difficile », a conclu la Commission dans son 7ème rapport d'évaluation du plan d'aide accordé en mai 2011 et à la veille d'une nouvelle journée de grève générale au Portugal qui devait bloquer le pays toute la journée du 27 juin.
Dans son évaluation, la Commission rappelle que l'activité économique du dernier trimestre 2012 « s'est avérée nettement plus mauvaise que prévu », ce qui a entraîné une révision à la baisse des prévisions pour l'économie portugaise et un assouplissement des objectifs budgétaires du pays. La Commission s'attend toutefois toujours à une reprise de la croissance à la fin de l'année. « L'économie devrait toujours enregistrer une inversion de tendance vers la fin de l'année, entraînant une croissance de 0,4% en 2014 », a-t-elle indiqué. Mais, selon ses prévisions, le chômage devrait encore augmenter et atteindre un taux record de 18,5% en 2014 ; la dette publique devrait quant à elle s'élever à 124,2% du PIB.
Pour le reste, la Commission observe que le secteur bancaire et financier s'est renforcé et a développé une meilleure résilience pour faire face à une récession qui serait plus longue que prévu et que le pays a regagné peu à peu la confiance des investisseurs, le rapport citant notamment le succès en mai du placement d'un premier emprunt à dix ans depuis la demande d'aide. Mais si la Commission a encore appelé, dans son rapport, les différentes composantes politiques du pays à faire front derrière le programme d'ajustement, de plus en plus de critiques se font entendre, y compris du côté du groupe PPE au Parlement européen. Plusieurs élus, réunis à Porto pour l'université d'été du parti, ont en effet dénoncé le fonctionnement de ce programme et ses conséquences sur « les familles, les jeunes », a déploré Nuno Melo. « Des erreurs ont été constatées, admises » et pourtant la seule réponse est « d'ajouter de l'austérité à l'austérité », a dit l'eurodéputé. Et « malgré tous les efforts du Portugal, les perspectives de la troïka resteront toujours mauvaises », a-t-il encore regretté. Pour Rui Rio, maire de Porto, ce programme d'ajustement a tout simplement « été vite et mal fait » et en méconnaissance totale des circonstances du pays, a-t-il dit. Jeudi, il s'agissait pour le Portugal de la 4ème grande grève générale en deux ans. Trains et métros étaient à l'arrêt, les administrations fermées et les transports aériens fortement perturbés à la demande des syndicats ayant appelé à nouveau à protester contre les mesures réclamées par les créanciers du pays. (SP)