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Bulletin Quotidien Europe N° 10877
CONSEIL EUROPÉEN / (ae) Économie

Financement des PME, la BEI appelée à la rescousse

Bruxelles, 28/06/2013 (Agence Europe) - Les chefs d'État et de gouvernement ont affirmé une volonté commune de « rétablir des conditions normales d'octroi de crédits à l'économie et de faciliter le financement des investissements ». Ce sont particulièrement les petites et moyennes entreprises (PME) qui sont visées ici, car, en les soutenant, c'est aussi la création d'emplois qui peut prendre son envol, notamment par le biais de la Banque européenne d'investissement (BEI). Le Conseil a décidé de lancer un plan d'investissement allant dans ce sens.

Celui-ci se baserait largement sur l'action de la BEI et son récent refinancement (10 milliards d'euros). Le Conseil européen insiste pour que les activités de prêt grimpent à 40% en 2013-2015, dans des domaines prioritaires tels que l'innovation et les compétences, l'accès des PME aux financements, l'utilisation rationnelle des ressources et les infrastructures stratégiques. 150 milliards d'euros y seraient déjà dédiés.

Le président de la BEI, Werner Hoyer, présent au Sommet, a confirmé que son institution était « engagée à soutenir toute nouvelle initiative aidant à la croissance de l'économie et à assurer de l'emploi aux jeunes ». Pour le président français, François Hollande, il s'agit de « dégager plus d'investissements pour les PME, avec une meilleure utilisation de la BEI, en particulier quand il est difficile d'accéder au crédit ». Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a dit: « Le principal goulet d'étranglement pour la croissance c'est le manque de crédits, surtout pour les PME. »

Pour le Premier ministre italien, Enrico Letta, la BEI doit effectivement être le « bras de l'économie réelle », notamment pour protéger la Banque centrale européenne à qui on reprocherait un rôle trop intrusif. Il insiste pour que le maintien du triple A puisse être concilié à cette mission. En effet, des inquiétudes persistent sur une éventuelle dégradation de la note de la BEI.

À ce propos, le président du Conseil, Herman Van Rompuy, s'est voulu rassurant: « On est tous conscients que le triple A est essentiel pour assurer son rôle capital dans la promotion de l'investissement dans toute l'UE. Mais le triple A n'est pas un but en soi. » François Hollande a voulu faire preuve de compromis à ce propos: « La BEI doit prêter le plus possible tout en respectant un certain nombre de critères pour garder son triple A. »

Le Conseil demande aussi de renforcer les instruments de partage des risques entre la Commission européenne et la BEI. De la sorte, les prêts aux PME pourraient aller en augmentant. Le Conseil européen compte rapidement avec la BEI et la Commission déterminer les paramètres d'instruments de cofinancement, notamment par les fonds structurels, pour une mise en œuvre en janvier 2014 déjà. Là aussi le président français s'est félicité de l'effet de levier qui pouvait en résulter. Les 27 ont l'intention d'accroître la capacité de rehaussement de crédit du Fonds européen d'investissement ainsi que les mécanismes de financement du commerce de la BEI. En parallèle, la coopération entre les banques nationales de développement et la BEI devra être renforcée. Le Conseil européen demande enfin aux États membres de conclure aussi vite que possible leurs accords de partenariat et leurs programmes opérationnels, et de mettre en place les fonds structurels ainsi que les programmes pour la compétitivité des entreprises et les PME (COSME) et pour la recherche et l'innovation (Horizon 2020), tous fort utiles aux PME. La mise en œuvre de la phase pilote des obligations liées à des projets a commencé, 6 ayant déjà été approuvés. (MD avec CG, LC, FG)

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