Bruxelles, 28/06/2013 (Agence Europe) - Le consortium Shah Deniz II a préféré le projet de gazoduc TransAdriatique (TAP) à celui de Nabucco-Ouest pour véhiculer le gaz azéri vers l'UE.
La Commission européenne a salué le choix du consortium gazier azéri Shah Deniz II, vendredi 28 juin, en faveur du projet de gazoduc TAP pour ses livraisons de gaz vers l'Europe en contournant la Russie. « C'est une porte ouverte pour un accès direct à la mer Caspienne », se félicite José Manuel Barroso, dans un communiqué, saluant « une étape importante dans le renforcement de la sécurité énergétique de l'UE ». « Je suis convaincu que le projet retenu donnera un nouvel élan à la réalisation complète et rapide de l'ensemble du corridor gazier sud », ajoute le chef de l'exécutif européen.
De son côté, le commissaire à l'Énergie, Günther Oettinger, se réjouit de « l'engagement précis » de l'Azerbaïdjan à livrer « directement » son gaz à l'Europe. « Que le système consiste en deux gazoducs ou que des projets antérieurs ne prévoyaient qu'un seul pipeline ne fait aucune différence en termes de sécurité énergétique. Nous avons un nouveau partenaire pour le gaz et je suis convaincu que nous allons recevoir plus de gaz dans l'avenir », ajoute-t-il. Reste que le rejet par Shah Deniz II du projet Nabucco, qu'il a porté à bout de bras depuis son premier mandat, sonne pourtant comme un revers pour le président Barroso.
Piloté par le britannique BP, l'azéri Soccar, le norvégien Statoil et le français Total, le consortium Shah Deniz II, qui détient la licence pour exploiter les réserves de ce deuxième champ gazier à hauteur de 16 milliards de mètres cubes par an, a donc donné sa préférence au projet conduit par Statoil (42,5%), avec le suisse Axpo (42,5%) et l'allemand E.ON (15%). Le TAP reliera la frontière gréco-turque à l'Italie sous l'Adriatique et en passant par l'Albanie. Il doit dans une première étape livrer au marché italien 10 milliards de mètres cubes par an à partir de 2019. Le TAP sera relié à la mer Caspienne via le gazoduc Transanatolien, le TANAP, détenu par les énergéticiens turcs Botas et TPAO (20%) et l'azéri Soccar (80%).
Bien que raccourci depuis que la Turquie a construit son propre gazoduc, le TANAP, et moins cher qu'initialement, Nabucco, projet porté par des groupes énergétiques actionnaires tous membres de pays de l'UE - l'autrichien OMV, l'allemand RWE, le hongrois MOL, le roumain Transgaz et le turc Botas, et le français GDF Suez - et par la Commission, n'a donc pas convaincu les actionnaires de Shah Deniz II. Si l'Azerbaïdjan a laissé entendre que ce projet n'était pas enterré, le consortium Nabucco s'est dit « confiant » vendredi « de développer des opportunités sur la base de sources de gaz alternatives » pour répondre aux besoins de diversification énergétique des pays d'Europe centrale et du Sud. (EH)