Bruxelles, 25/06/2013 (Agence Europe) - Le nombre d'emplois disponibles au sein de l'UE n'a jamais atteint un niveau aussi bas depuis le début de la crise en 2008. En l'espace de cinq ans, 2,8% d'emplois se sont volatilisés dans la zone euro et surtout dans les pays du sud de l'Europe, constate la dernière édition de la Revue trimestrielle sur l'emploi et la situation sociale, publiée mardi 25 juin par la Commission européenne. Cette revue souligne que certains des objectifs de la stratégie EUROPE 2020 seront difficiles à atteindre.
Malgré tout les efforts entrepris, le PIB de l'UE ne cesse de se contracter. Il a encore baissé de 0,1% au cours du premier trimestre 2013, ce qui correspond à la cinquième contraction en l'espace de six trimestres. Selon la revue, cela est dû à « la baisse des investissements et des exportations, tandis que l'activité économique au cours de la dernière année a diminué, principalement en raison de la baisse des investissements et de la consommation privée ».
Tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne. Depuis 2008, la baisse la plus importante, près de 20%, a été constatée dans le bâtiment, tandis que l'industrie (-9,6%) et le commerce (-2,2%) ne se portent guère mieux. Les pays qui ont récemment le plus souffert sont l'Espagne, la Grèce, le Portugal et Chypre. Atteindre pour ces pays les objectifs en termes d'emploi de la stratégie EUROPE 2020 semble de plus en plus une mission impossible. Dans leur ensemble, tous les indicateurs européens de chômage ont atteint des pics historiques: taux de chômage général (12,2% dans la zone euro) ; chômage à long terme (4,6% des Européens en âge de travailler) ; chômage des jeunes (près de 25% dans la zone euro) ; jeunes chômeurs de longue durée (7,7% dans l'UE).
Cette revue de la Commission, qui est sortie à la veille du Conseil européen, dont un des thèmes principaux sera justement le chômage des jeunes, se prête aussi au jeu des suggestions. Ainsi, les systèmes de garanties jeunes, déjà en place dans certains États, sont loués pour leur efficacité et apportent la preuve, selon la revue, que « le rôle que les contrats temporaires jouent sur le marché du travail pourrait être crucial pour les probabilités de transition des jeunes vers des emplois plus sûrs ». La mobilité intra-européenne est aussi un phénomène qui prend de l'ampleur, mais son impact sur les marchés du travail de l'UE reste très faible. Finalement, la volonté de l'UE d'accroître la compétitivité par le coût du travail n'a pas vraiment porté ses fruits, la productivité du travail s'est contractée en 2013, sauf en Espagne et en Slovénie. (JK)