Bruxelles, 03/06/2013 (Agence Europe) - La chancelière allemande, Angela Merkel, s'oppose à une Commission européenne aux compétences élargies, et réclame un renforcement de la coordination des politiques des États membres dans un entretien à l'hebdomadaire Der Spiegel, paru lundi 3 juin (voir aussi EUROPE n° 10857 sur la rencontre entre Hollande et Merkel).
« Je ne vois pas dans l'immédiat la nécessité de transférer dans les années à venir encore plus de prérogatives vers la Commission à Bruxelles », a déclaré Mme Merkel au magazine. La chancelière affirme, au contraire, qu'elle défend avec le président français, François Hollande, l'idée d'une meilleure coordination entre États, notamment dans le domaine économique. « François Hollande et moi sommes beaucoup plus favorables à une meilleure coordination des domaines politiques qui ont un rôle décisif dans le renforcement de notre compétitivité », a indiqué la chancelière. « Nous pensons, par exemple, aux politiques de l'emploi et des retraites mais aussi aux politiques fiscales et sociales », a-t-elle expliqué.
Mme Merkel juge également que la coordination de la politique économique en Europe est « beaucoup trop faible » et qu'elle doit être renforcée. D'après la chancelière allemande, cela ne veut pas dire qu'il faut transférer « plus de compétences à Bruxelles ». Elle se dit par ailleurs réservée à l'idée d'une élection du président de la Commission européenne au suffrage universel direct « Un président de Commission, qui serait élu directement par le peuple devrait se voir conférer des pouvoirs bien différents de ce qui est le cas actuellement », estime la chancelière. (LC)