Bruxelles, 03/06/2013 (Agence Europe) - Des hauts fonctionnaires des pays membres de l'UpM (Union pour la Méditerranée) se sont réunis le 29 et 30 mai en Jordanie, pays qui assure la co-présidence de l'institution, pour de premiers échanges de vues et analyses détaillées sur le projet de « plan solaire » euro-méditerranéen (MSP). La fin de l'ébauche est ainsi achevée et doit permettre d'engager la phase d'études techniques et, d'ici la fin de l'année, celle, plus déterminante, de la recherche de financements.
Le document, un 'master plan', proposé à l'examen des spécialistes des énergies renouvelables des pays membres, dont ceux de l'UE, a été élaboré sous la coordination du secrétariat de l'UpM, lequel a, dit-il dans un communiqué, agi en « facilitateur ».
Le document politique global ainsi présenté traite aussi bien des énergies renouvelables que de l'efficacité énergétique. L'objectif de base défini est de produire de l'électricité à partir de sources d'énergies renouvelables dans une région jugée apte à fournir des quantités appréciables grâce à un taux d'ensoleillement exceptionnel. La promesse, encore théorique, sera de développer de nouvelles capacités de production d'énergie renouvelable sur la rive sud et orientale de la Méditerranée d'ici à 2020, de l'ordre de 20 GW. Il faudra assurer des capacités de transport de l'électricité afin d'approvisionner le marché local et d'exporter l'excédent vers l'Europe. En parallèle, l'objectif est aussi d'œuvrer à une « diminution de l'intensité énergétique » par une meilleure efficacité énergétique pour la production de chaleur et même de carburants toujours à partir de sources renouvelables.
Il s'agit de prévenir une demande d'énergie qui, selon des experts ayant contribué à l'élaboration du 'master plan', devrait « croître rapidement dans la région, en particulier dans les pays de la rive Sud et Est » en raison de la croissance démographique, de l'urbanisation et de l'industrialisation. Selon ces experts, la consommation d'énergie devrait y augmenter de l'ordre de 70% d'ici 2030 et les émissions de CO2 liées à l'énergie pourraient doubler d'ici cette échéance.
La demande d'électricité sera la plus forte, selon un taux de croissance évalué entre 5 et 8% par an sur base de données recueillies durant les dix dernières années, soit deux fois la moyenne mondiale, souligne-t-on. D'où la nécessité, d'ici 2020, de doubler la production et de la tripler d'ici 2030. Le projet est aussi d'approvisionner l'Europe communautaire, notamment du Nord et en particulier l'Allemagne, fortement intéressée par cette perspective, et qui démontre son empressement à favoriser une coopération énergétique euro-méditerranéenne. Mais il faudra compter avec les obstacles internes européens (lire éditorial dans EUROPE n° 10854) et la faiblesse des interconnexions entre pays de l'Europe méridionale (France et Espagne, précise-t-on).
« Le déploiement envisagé de technologies (propices) a été jusqu'à présent limité », confronté notamment à des « cadres politiques, juridiques et réglementaires encore incomplets, instables et/ou incertains et au manque d'incitations financières ciblées et d'outils de soutien » et, au sud, à des économies encore fragiles. Il faudra aussi assurer la concurrence sur les marchés et éviter une politique des prix déséquilibrée par l'octroi de subventions au profit des combustibles fossiles. Une longue liste d'éléments pouvant faire obstacle est en fait dressée dans ce 'master plan' proposé à la discussion selon un calendrier dont les détails ne nous sont pas encore parvenus. (FB)