Bruxelles, 17/05/2013 (Agence Europe) - Le commissaire chargé des Affaires intérieures, Michel Barnier, s'est félicité, vendredi 17 mai, du fait que le président français François Hollande ait ouvert, la veille, son discours, en parlant d'Europe (voir autre nouvelle). « On va cesser d'avoir l'Europe honteuse », a-t-il estimé lors d'une rencontre avec la presse. S'exprimant sur la visite de M. Hollande à Bruxelles, il a déclaré que le dialogue entre le président français et la Commission sur les question budgétaires « allait mener à un contrat », avant tout « de la France avec elle-même », soulignant que l'endettement et le déficit excessifs sont des « faiblesses françaises » et qu'il était normal, conformément aux traités, qu'une « institution vérifie que les engagements pris sont tenus ».
Et d'ajouter que peut-être le moment était venu d'ouvrir le débat: « Que veut faire la France dans l'Europe ? » Estimant que si le Premier ministre britannique, David Cameron, avait promis dans le futur la tenue d'un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, la France n'en avait quant à elle pas besoin, puisque tous les cinq ans, elle choisit un président qui adopte, ou non, une position pro-européenne. Une sortie britannique serait une « faiblesse » autant pour l'UE que pour le Royaume-Uni, a-t-il estimé, s'exprimant en faveur d'une « différenciation dans le rythme », comme par exemple la coopération renforcée. Le commissaire français a également estimé qu'il était important de « concilier l'intégration budgétaire » au sein de la zone euro et « la cohérence du marché intérieur ». Et d'appeler, en parallèle à la mise sur pied de l'Union bancaire, au renforcement de l'Eurogroupe (qui réunit les ministres des Finances de la zone euro), et le rôle de son président.
Interrogé sur un possible troisième mandat de José Manuel Barroso comme président de la Commission européenne, M. Barnier a déclaré « une présidence de dix ans, cela ne s'est jamais vu, et je pense que c'est raisonnable ». (EL)