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Bulletin Quotidien Europe N° 10848
INSTITUTIONNEL / (ae) france

Hollande lancera une initiative pour que l'UE sorte de sa langueur

Bruxelles, 17/05/2013 (Agence Europe) - Le président français, François Hollande, a annoncé jeudi 16 mai que la France allait lancer une initiative européenne, notamment en vue de l'instauration pour la zone euro d'un gouvernement économique qui se réunirait tous les mois.

« Si l'Europe n'avance pas, elle tombe ou plutôt elle s'efface de la carte du monde, de l'imaginaire des peuples (...). Mon devoir c'est de sortir l'Europe de sa langueur et de réduire la désaffection des peuples qui ne peut que compromettre l'avenir même de l'Union européenne », a déclaré le président français. L'Europe est la première puissance économique du monde. Pourtant, « elle est regardée comme un continent malade, en déclin, en doute », a souligné le président français.

Le président français souhaite lancer une initiative européenne, qui se décline en quatre points:

1. Instaurer avec les pays de la zone euro un gouvernement économique qui se réunirait, tous les mois, autour d'un véritable président nommé pour une durée longue et qui serait affecté à cette seule tâche. Ce gouvernement économique « débattrait des principales décisions de politique économique à prendre par les États membres, harmoniserait la fiscalité, commencerait à faire acte de convergence sur le plan social par le haut et engagerait un plan de lutte contre la fraude fiscale ».

2. Établir un plan pour l'insertion des jeunes. L'UE a déjà prévu six milliards d'euros pour l'emploi des jeunes. M. Hollande propose de mobiliser « tout de suite », avant même que le cadre financier pluriannuel de l'UE ne soit en place pour 2014, « une partie de ces fonds pour que nous puissions venir en soutien de tous les jeunes d'Europe qui, aujourd'hui, peinent à trouver une formation ou un emploi ». Toujours dans cette initiative, pour préparer l'avenir, l'Europe définirait une stratégie d'investissements, notamment pour les nouvelles industries et pour les nouveaux systèmes de communication.

3. Mettre en place une « Communauté européenne de l'énergie » destinée à coordonner tous les efforts pour les énergies renouvelables et réussir ensemble - alors que l'Europe a des pays qui n'ont pas les mêmes politiques énergétiques - à assurer la transition énergétique.

4. Instaurer une nouvelle étape d'intégration avec une « capacité budgétaire qui serait attribuée à la zone euro et la possibilité, progressivement, de lever l'emprunt ».

M. Hollande a rappelé que l'Allemagne, plusieurs fois, s'est montrée prête à une Union politique, à une nouvelle étape d'intégration. « La France est également disposée à donner un contenu à cette Union politique. Deux ans pour y parvenir ». Mais M. Hollande n'a pas encore précisé les contours de cette Union politique.

Impopulaire et fragilisé par l'entrée en récession de l'économie en France, le président François Hollande s'est engagé à placer « l'an II » de son mandat sous le signe de « l'offensive ». François Hollande a répété son engagement d'inverser la courbe du chômage avant la fin 2013. Un objectif jugé intenable par les économistes.

Par ailleurs, la chancelière Angela Merkel a assuré jeudi à Berlin que sa relation avec François Hollande était bonne, au moment même où ce dernier se félicitait à Paris d'avoir toujours pu parvenir à un compromis avec elle, alors que les relations entre les deux pays se sont tendues. « La relation franco-allemande repose sur une base très solide, ma relation personnelle avec François Hollande est bonne, cela n'exclut pas que nous divergions parfois sur le fond », a affirmé la chancelière lors d'une discussion sur l'Europe dans la capitale allemande. La France a une importance existentielle pour l'Union européenne et encore plus pour la zone euro, a-t-elle ajouté, et c'est le vœu de tous les responsables politiques allemands que la France prenne rapidement les décisions nécessaires qui vont assurer le succès, à savoir les réformes structurelles qui doivent lui permettre de restaurer sa compétitivité. J'ai bon espoir que les choses se développent bien, a-t-elle ajouté.

François Hollande a rappelé que sans la France et l'Allemagne, l'Europe ne peut pas avancer. « Le premier acte qui doit être à chaque fois posé, et c'est comme cela que nous avons avancé depuis un an, c'est de trouver le compromis entre la France et l'Allemagne. Et avec Mme Merkel, nous l'avons cherché à chaque étape, cela a pris du temps, mais nous y sommes toujours parvenus », a souligné le président français.

L'Allemagne et la France, « nous sommes touchés par la récession, donc nous arriverons à trouver un accord avec Mme Merkel, sans attendre les élections allemandes du 22 septembre », a insisté François Hollande.

« Le discours du chef de l'État n'a guère été rassurant sur l'Europe, loin s'en faut », a déclaré l'eurodéputé Alain Cadec (PPE, français). « Si le président a essayé de changer de style, en déclarant vouloir passer 'à l'offensive', on en reste encore et toujours au stade des palabres et des déclarations d'intentions », selon M. Cadec. (LC)

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