Bruxelles, 17/05/2013 (Agence Europe) - Les autorités canadiennes démentent les rumeurs de bouclage des négociations au plan technique. Côté européen, on assure que l'écueil agricole n'est pas encore levé. Mais l'idée de l'annonce d'un accord en marge du sommet du G8 en juin va bon train.
Les négociations UE/Canada pour un accord complet sur l'économie et le commerce progressent mais un accord final n'a toujours pas été annoncé, six mois après la première date-butoir fixée à fin 2012. « Le processus de négociation se poursuit pour explorer des solutions aux questions qui restent à résoudre », a expliqué le porte-parole du ministère canadien du Commerce, Rudu Husny, au lendemain de la session de négociation du 6 au 8 mai à Bruxelles. « Il y a encore du travail à faire », a-t-il ajouté.
Ottawa a ainsi démenti les rumeurs d'un travail quasiment achevé au niveau technique, notamment relayées par les autorités de la province du Québec. « Ce n'est pas terminé », mais, « à quelques virgules près, le travail des négociateurs est achevé et il reste un certain nombre de questions à trancher au plan politique », avait laissé entendre plus tôt le ministre québécois des Relations internationales, Jean-François Lisée, confiant qu'un accord verra bientôt le jour. « [La semaine dernière] à Bruxelles, pour l'essentiel, les litiges restants ont été bien circonscrits par les négociateurs », avait expliqué M. Lisée, cité par les médias nationaux.
Plus tôt dans la semaine du 6 mai, l'ambassadeur de l'UE au Canada, Matthias Brinkmann, avait indiqué aux médias canadiens que l'écueil agricole n'était toujours pas levé, les parties achoppant toujours sur l'accès au marché agricole et la question des quotas d'exportation de fromages européens au Canada et de l'ouverture du marché européen du bœuf et du porc. L'ambassadeur Brinkmann avait toutefois laissé entendre que les négociations pourraient être bouclées avant l'été, de sorte que les dirigeants européens pourraient sceller un accord avec le Premier ministre canadien, Stephen Harper, d'ici le sommet du G8 en juin.
Dans la dernière ligne droite depuis fin 2012, les négociations UE/Canada ont piétiné, les questions les plus litigieuses restant à régler incluant, outre l'accès au marché agricole, l'automobile, les brevets pharmaceutiques canadiens et l'accès aux marchés publics canadiens. Assurant fin mars que les négociations touchaient au but, le ministre canadien du Commerce, Ed Fast, avait refusé de prédire une date pour le clap de fin, mais promis que les deux parties œuvraient à trouver « des solutions créatives ». Début avril, la presse canadienne avait annoncé un compromis sur le chapitre automobile, l'un des plus épineux.
En dépit d'un blocage sur le chapitre agricole qui empêche toute avancée supplémentaire, les rumeurs vont bon train quant à l'annonce d'un accord en marge du sommet du G8 en Irlande du Nord, qui permettrait à l'Europe d'avancer l'esprit libre vers la ligne de départ du marathon visant à l'amener vers un ambitieux accord de libre-échange avec les États-Unis. À Ottawa comme à Bruxelles, le mot d'ordre reste qu'aucune date butoir n'a été fixée, la primauté étant donnée à la qualité d'un accord plus qu'au calendrier.
Une fois les négociations terminées, les parties devront procéder à un examen juridique du texte puis ratifier l'accord, un processus qui pourrait prendre jusqu'à deux ans en Europe. Au Canada, le gouvernement devra adopter une loi sur l'accord conclu qui devra être débattu et adopté au parlement fédéral.
Ajoutons que, bien que dissociés par Bruxelles et Ottawa des négociations de libre-échange, deux dossiers polluent les relations commerciales bilatérales. D'une part l'embargo européen sur le phoque, porté par Ottawa à l'OMC. D'autre part, le projet européen visant à discriminer les sables bitumineux du Canada, pour les émissions de carbone liées à leur exploitation qui sont, selon la Commission, plus élevées que celles liées au pétrole conventionnel. Le Canada n'exclut pas de saisir l'OMC sur ce dossier, le cas échéant. (EH)