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Bulletin Quotidien Europe N° 10848
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ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) zone euro

Bruegel pointe certains échecs dans les plans d'aide

Bruxelles, 17/05/2013 (Agence Europe) - Si l'on devait juger les programmes d'assistance financière uniquement en comparant les attentes raisonnables et les résultats, seul le plan d'aide irlandais aurait été un franc succès, celui du Portugal pourrait également se révéler être une réussite mais le programme grec est un échec, ont estimé trois économistes du think tank Bruegel dans un rapport publié jeudi. Une façon plus juste de répondre, selon André Sapir, Guntram Wolff et Jean Pisani-Ferry, serait toutefois de dire que les programmes ont été un succès à certains égards et infructueux à d'autres.

Le rapport souligne que les problèmes du programme grec sont dus au fait que les conditions de départ étaient « particulièrement défavorables », que le système administratif et politique était plus faible qu'en Irlande et au Portugal, et que lorsque la Grèce a appelé ses partenaires en renfort, la zone euro n'était « absolument pas préparée ». Une alternative à l'austérité qui a été imposée, et qui divise les économistes, est la restructuration des dettes, explique le rapport. Dans le cas grec, cela aurait été préférable qu'elle intervienne plus tôt. Le retard, selon le think tank, aura des répercussions, et non des moindres, plus tard, quand les créanciers européens institutionnels « devront reconnaître que la Grèce est incapable de rembourser sa dette ». Le retard pris pour la restructuration a entraîné la substitution des créanciers privés par les créanciers publics et donc à faire porter les pertes par le contribuable. Plus des trois quarts de la dette grecque sont maintenant détenus par les créanciers institutionnels. Dans le cas irlandais, la mise à contribution des créanciers prioritaires (senior bondholders) aurait pu être souhaitée par les autorités irlandaises mais elle aurait amélioré la viabilité du programme beaucoup moins que pour le cas de la Grèce « et aurait des implications négatives significatives sur le financement des banques irlandaises », pour lesquelles Dublin a dû faire appel à la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI). Le problème fondamental que souligne ici le think tank est la lenteur dont a fait preuve l'Europe pour aborder les difficultés de ses banques.

Un échec des programmes est le niveau du chômage, qui compromet la viabilité des ajustements et est autant dû à l'austérité qu'aux dysfonctionnements du marché du travail, en tout cas au Portugal et en Grèce.

Le think tank Bruegel s'est ensuite interrogé sur la structure de la 'troïka', dont les membres sont parvenus à coopérer pour les trois pays, malgré les divergences pouvant intervenir en raison de leurs mandat et règles différents. Selon l'analyse que fournit Bruegel, alors que la Commission et la BCE mettent un point d'honneur à garantir la stabilité financière et la viabilité de la zone euro, le FMI s'inquièterait davantage du succès des programmes et de la viabilité de la dette dans les États membres en difficulté. Il est peu probable que le FMI se retire de l'équation, d'une part car le Traité instituant le Mécanisme européen de Stabilité (MES) y fait explicitement référence, mais également, aux yeux des trois économistes, car il n'y a pas une confiance suffisante envers les institutions européennes, du moins dans certains pays.

Bruegel préconise une participation au financement réduite à 10% du FMI, ce qui lui donnerait le poids nécessaire pour jouer un rôle et suffisamment limité pour ne pas compromettre son indépendance. L'UE, de son côté, continuerait à bénéficier de l'expertise et de la crédibilité de l'institution de Washington. Bruegel propose en outre un pouvoir de surveillance pour le Parlement européen. Le rôle de la BCE est quant à lui trop flou, selon le think tank, qui préférerait le voir devenir « un partenaire silencieux ». (EL)

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