Bruxelles, 17/05/2013 (Agence Europe) - Pour réaliser les objectifs du développement durable, les autorités locales des pays en développement ont un rôle décisif à jouer pour peu que soient levés les obstacles à la libération de tout leur potentiel et que soient accordée à ces acteurs la possibilité de participer pleinement aux processus décisionnels ayant une incidence directe sur la qualité de vie des citoyens, estime la Commission européenne. Sa communication « Accorder une autonomie accrue aux autorités locales dans les pays partenaires pour une meilleure gouvernance et des résultats plus concrets en matière de développement », adoptée jeudi 16 mai, traduit la volonté politique de soutenir les efforts qui seront déployés par les autorités publiques pour donner aux autorités régionales et locales des pays en développement les moyens d'être plus efficaces et de promouvoir la participation des citoyens à la réduction de la pauvreté. Ce document politique avait été annoncé par Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement, aux troisièmes Assises de la coopération décentralisée qu'avaient conjointement organisées le Comité des régions (CdR) et la Commission européenne, les 9 et 10 avril derniers à Bruxelles (EUROPE n° 10826).
Alors que dans de nombreux pays en développement partenaires de l'UE, l'aide européenne acheminée par les autorités locales demeure marginale, la politique de développement de l'UE doit contribuer à accroître le rôle de ces acteurs de la coopération décentralisée par la possibilité qui leur sera donnée de faire entendre les préoccupations et les priorités des citoyens, de réagir aux demandes de ces derniers, de stimuler le développement socio-économique par l'accroissement des capacités en termes de ressources humaines, naturelles et financières au niveau local.
L'UE devrait donc « accorder son soutien aux autorités locales et dirigeants locaux légitimes, responsables et représentatifs dans les pays partenaires en attachant une attention particulière aux pouvoirs municipaux dans les zones rurales et urbaines. Elle devrait également étudier les possibilités de coordination avec les autorités régionales », souligne la Commission.
PLATFORMA, la voix des autorités locales et régionales européennes auprès des institutions de l'UE dans le domaine de la coopération au développement a salué cette communication qui reprend plusieurs messages clés que l'ensemble du réseau porte depuis plusieurs années, notamment sur la décentralisation, la promotion de l'approche territoriale pour le développement, la coopération décentralisée, le renforcement des capacités des autorités locales et régionales et le rôle des associations de collectivités territoriales dans les pays partenaires. « Nous nous réjouissons que la Commission européenne ait pris la mesure du potentiel des gouvernements locaux et régionaux dans la mise en place de politiques publiques au plus proche des citoyens, qui répondent aux doubles défis de l'éradication de la pauvreté et du développement durable. Nous nous réjouissons que les autorités locales et régionales soient à présent considérées comme des acteurs politiques qui doivent être pleinement associés à la définition et à la mise en place des politiques de développement national », déclare PLATFORMA.
Plus de six ans après l'adoption du rapport de Pierre Schapira par le Parlement européen et de la communication de 2008 qui marquaient la reconnaissance, par les institutions de l'UE, de l'action des collectivités territoriales pour le développement, PLATFORMA voit dans cette communication une évolution qualitative de la vision et du partenariat de la Commission avec les gouvernements locaux et régionaux des pays partenaires. Le réseau souhaite que cette communication ait un effet transversal sur l'ensemble de la politique européenne de développement et suivra attentivement la manière dont cette nouvelle politique se traduira sur le terrain. (AN)