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Bulletin Quotidien Europe N° 10848
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Le président français a relancé le débat sur l'avenir de l'Europe - Perspectives positives, mais aussi des risques et des aspects à clarifier

Un tournant dans les débats communautaires ? Les aspects de politique interne mis à part, la déclaration de François Hollande jeudi à Paris a peut-être marqué un tournant dans l'évolution de l'UE. Au lieu des critiques et des lamentations à l'égard de Bruxelles, dont on a l'habitude depuis plusieurs capitales, le président français a lancé des initiatives et a parlé de l'avenir avec vigueur et même un certain optimisme. Au lieu d'attribuer à l'UE la responsabilité des faiblesses nationales, M. Hollande a exprimé sa confiance dans l'avenir de la construction européenne, en proposant en particulier la création d'un gouvernement économique de la zone euro qui se réunirait tous les mois sous l'autorité d'un président permanent.

Les risques. Certes, cette suggestion comporte aussi des dangers: elle pourrait affaiblir les Institutions en renforçant le caractère intergouvernemental de la gestion de l'UE. Tout projet de ce genre doit être soigneusement évalué, et d'ailleurs Hollande l'a lancé en tant que contribution de Paris en vue du Sommet européen de la semaine prochaine où on y verra plus clair. Le fait que la principale innovation proposée (le gouvernement économique) serait réservée à la zone euro n'est pas négatif: il y a longtemps que l'Europe à deux vitesses constitue une réalité. Il est donc positif qu'un État membre important envisage une relance de l'activité européenne. Quant aux modalités et au respect de la méthode communautaire, tout reste à discuter.

Le fait est que la déclaration du président français (résumée en détail dans les pages suivantes) est particulièrement significative puisque la France officielle ne donnait pas l'impression d'être à l'avant-garde dans la direction de l'union politique européenne ; elle prône à présent un délai de deux ans pour la concrétiser. L'évolution est évidente.

Relance de projets ambitieux. Au-delà de l'aspect institutionnel, la prise de position de M. Hollande relance des objectifs de grande envergure, comme la Communauté européenne de l'énergie, projet lancé il y a quelques années par Jacques Delors et qui paraissait en pratique mis de côté tellement il était considéré comme irréaliste. À ce sujet également, ni le Parlement européen ni les autres institutions communautaires ne sont citées par M. Hollande. Ses autres suggestions étaient plus prévisibles et ne constituent pas une surprise.

Il faut à présent souhaiter que la prise de position de la France ait des suites concrètes dans le débat communautaire et que sa présentation au Sommet de la semaine prochaine, ainsi que la discussion qui en découlera, relancent le dynamisme de la construction européenne et la confiance en son avenir.

(FR)

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