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Bulletin Quotidien Europe N° 10842
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) chypre

L'audition de Dijsselbloem laisse les députés sur leur faim

Bruxelles, 07/05/2013 (Agence Europe) - La commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen est restée sur sa faim, mardi 7 mai à l'issue de l'audition du président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, venu répondre des décisions sur Chypre prises par les Dix-sept.

Aux yeux du ministre néerlandais des Finances, le programme mis sur pied par l'Eurozone et le FMI va permettre à l'île de relancer son économie en repartant sur des bases saines. « À vous entendre, finalement, tout était prévisible et il n'y a pas de dommages collatéraux », a lancé Jean-Paul Gauzès (PPE, français).

Les députés ont également vu d'un mauvais œil le timing avec lequel la crise chypriote a été gérée. « Attendre qu'un pays soit au bord de l'incapacité de paiement pour réagir ne me semble pas être une stratégie à long terme », a considéré Markus Ferber (PPE, allemand). Sur ce point, M. Dijsselbloem a reconnu qu'« un grand nombre de problèmes aurait pu et dû être traité auparavant ». Lorsque les difficultés sont apparues en 2011, « si nous n'avons pas réussi à envisager un programme, c'est parce que les Chypriotes sont parvenus à un prêt avec la Russie », une situation qui leur a laissé un peu de temps pour se « protéger de tout programme, qui a fini par s'imposer en 2012 », a considéré M. Dijsselbloem. « La surveillance mutuelle » fait partie des règles de l'UE « depuis des années », a rétorqué Sylvie Goulard (ADLE, française).

Leonardo Domenici (S&D, italien) a voulu savoir « ce que fait l'Eurozone pour reconstruire concrètement l'économie chypriote ». Selon M. Dijsselbloem, ce sujet doit constituer « la priorité du gouvernement chypriote », avec l'aide de la Commission. Et d'estimer qu'une restructuration plus graduelle du secteur bancaire, avec un impact plus léger sur l'économie, aurait été « plus compliquée ».

Selon le ministre, le plan d'aide touche au cœur du problème. « Nous avons considéré qu'il fallait aborder le problème là où il s'est posé, dans les banques ». Les deux principales banques chypriotes avaient de gros problèmes et le coût pour les recapitaliser dépassaient les moyens de l'île. Avec un prêt plus important des Européens, « Chypre se serait retrouvé à la traîne » et n'aurait « jamais été capable de rembourser », a justifié le président de l'Eurogroupe. La contribution des grands déposants (dont l'épargne est supérieure à 100 000 euros) s'avérait alors nécessaire, ceux-là même qui avaient auparavant « bénéficié des risques pris ».

Chypre ne devrait-elle pas recevoir une compensation pour les pertes essuyées dans la restructuration de la dette grecque ? M. Dijsselbloem a exclu cette hypothèse. D'après lui, « le système bancaire chypriote était à la recherche de recettes importantes par le biais de risques très importants ».

Union bancaire. Tirant la leçon de cette crise, le ministre a plaidé pour la concrétisation de l'union bancaire. Si celle-ci avait été une réalité il y a quelques années, les problèmes de Chypre auraient pu être évités. « Nous l'avons proposé en 2010 et le Conseil l'a rejeté ! », a critiqué M. Gauzès.

Concluant l'audition, la présidente de la commission parlementaire, la Britannique Sharon Bowles (ADLE), a regretté que M. Dijsselbloem n'ait pas dit tout ce que les eurodéputés auraient voulu savoir. « Nous continuerons à poser les mêmes questions », a-t-elle assuré. Ce mercredi, le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, et Jörg Asmussen, au nom de la BCE, devront se soumettre au même exercice. (EL)

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