Bruxelles, 07/05/2013 (Agence Europe) - La commission parlementaire de l'environnement a défini mardi 7 mai sa position pour rendre les véhicules utilitaires légers plus propres. Les eurodéputés confirment le plafond de 147g/km d'ici 2020, mais fixent un nouvel objectif à long terme de 105 à 120g/km à partir de 2025. De plus, ils souhaitent limiter la vitesse de ces vans à 120km/h partout en Europe. Les députés européens ont massivement soutenu le rapport. Les réactions de l'industrie et des ONG sont plus diverses.
Avec 53 votes pour, 4 contre, et une abstention, le vote en commission environnement a apporté un soutien très ferme au rapporteur Holger Krahmer (ALDE, allemand). Les véhicules utilitaires légers devront respecter un maximum de 147grammes d'émissions de CO2 par kilomètres d'ici 2020 (pour les constructeurs de plus de 1000 véhicules par an). Des amendes pourraient être adressées aux fabricants dont l'émission globale des anciens et nouveaux modèles de vans dépasse ce plafond. Les eurodéputés ont prévu un système de 'super crédits' pour récompenser l'innovation propre: les vans émettant moins de 50g/km compteront pour 3,5 véhicules en 2014, et 1,3 en 2018 (et ce jusqu'à 1% de ces véhicules propres).
Le rapporteur Krahmer a salué, à l'issue du vote, le fait que les députés de cette commission aient « confirmé l'objectif de 147 g de CO2 par km pour 2020 adopté il y a trois ans ». Il a indiqué que « des demandes pour des objectifs plus ambitieux ont été rejetées ». « Si nous changeons de cibles trop souvent, les fabricants ne disposent pas de sécurité de planification », a-t-il justifié.
L'ONG Transport & Environnement (T&E) regrette que la commission environnement ait perdu une occasion de renforcer les objectifs de réduction des émissions de CO2. William Todts, de T&E, salue toutefois le fait que les eurodéputés aient adopté une vision à long terme, en fixant des objectifs indicatifs post 2020 (105-120g). « Des limites à long terme pour 2025 sont cruciales pour stimuler l'innovation qui mène à des véhicules plus efficaces et introduit des technologies propres avancées comme les véhicules électriques sur le marché. Les objectifs proposés sont un pas en avant mais doivent être plus ambitieux ».
Les constructeurs automobiles européens font grise mine. Ivan Hodac, secrétaire général de l'association qui les représente, l'ACEA, critique ces nouveaux plafonds d'autant plus qu'il n'y a pas eu d'évaluation d'impact au préalable: « On ne peut pas se permettre de jouer un jeu politique avec cette industrie, surtout en ces temps de crise économique. Les objectifs tant pour les vans que pour les autos doivent être fondés sur des faits. À ce stade, même la Commission européenne n'a pas une analyse de ce que devraient être les limites post 2020. La seule base pour ces chiffres avancés par la commission environnement est le marchandage politique ».
En outre, les eurodéputés ont, contre l'avis du rapporteur, estimé que les constructeurs devraient à partir de janvier prochain limiter la vitesse de leur modèle d'utilitaires légers à 120km/h maximum. Le rapport sur ces utilitaires légers sera soumis au vote des députés lors de la séance plénière de juillet. (MD)