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Bulletin Quotidien Europe N° 10834
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

Mobilisation sur les questions de sécurité au Sahel-Sahara

Bruxelles, 24/04/2013 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des pays de la Méditerranée occidentale (cinq européens riverains de la Méditerranée et cinq pays membres de l'UMA, Union du Maghreb Arabe) réunis le 16 avril à Nouakchott, en Mauritanie, ont examiné la situation dans la région, essentiellement les aspects de sécurité sur lesquels l'entente semble ne pas être totale, du moins sur l'opportunité de participer directement à des opérations militaires sous l'égide de l'ONU. Cette impression est renforcée par le peu de publicité donnée aux résultats de la rencontre. Bien peu d'informations ont filtré dans des médias maghrébins et internationaux inhabituellement discrets sur les résultats de cette rencontre. Le climat dans la région pourrait également expliquer ce mutisme. Un changement de la stratégie américaine pourrait exacerber les rapports entre voisins, mettant en difficulté le Maroc sur la question du Sahara occidental (mandat de la 'Minurso' en redéfinition au sein de l'ONU). Les Français ainsi que d'autres pays européens s'emploieraient à modérer les effets du désaveu ressenti par Rabat.

Peu avant la réunion à Nouakchott, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, a déclaré à l'issue d'une rencontre avec le président mauritanien que « la France souhaite que le 'groupe 5+5' comble le vide laissé par le Tchad parce que les pays de l'Afrique de l'Ouest refusent d'être impliqués dans une guerre ethnique », selon les médias locaux. Seule l'annonce par la Mauritanie qu'elle a accepté d'envoyer des troupes au sein de la force de maintien de la paix au Mali en est sortie. Cette force, que l'ONU va former, « permettra de préserver la sécurité au Mali, et grâce à elle, l'ONU sera en mesure de surveiller les opérations de sécurité », a-t-il déclaré à l'agence de presse du pays, AMI.

Sur le plan politique toutefois, les points de vue seraient plus en concordance puisque, dans sa déclaration finale, citée par l'agence de presse, le 'groupe 5+5' a confirmé son soutien à l'intervention au Mali, car elle a « réussi à stopper la marche des groupes islamiques armés et de leurs alliés narcotrafiquants à travers le Sahara ». Répondant aux questions d'actualité devant l'assemblée parlementaire française, M. Fabius a donné quelques précisions: « Mercredi ou jeudi prochain, des votes à l'ONU doivent intervenir. Nous avons le ferme espoir de voir votée à l'unanimité, par le Conseil de sécurité, notre résolution qui définit les conditions dans lesquelles la MISMA se transforme en MINUSMA et les conditions dans lesquelles les troupes doivent intervenir dans ce pays pour assurer la stabilité et le retour de la démocratie. 12 000 hommes doivent composer cette force. » La résolution de l'ONU devrait s'appliquer dès le 1er juillet, a-t-il précisé.

La lutte contre le terrorisme dans la zone Sahel-Sahara était également à l'ordre du jour de la réunion, le 22 avril à Rabat, des ministres de l'intérieur de l'UMA. Les Cinq ont estimé que « la situation sécuritaire s'aggrave dans la région du Sahel et du Sahara ». Selon les médias, « ils se sont mis d'accord sur le fait que le terrorisme, le crime organisé transfrontalier, le trafic d'armes et des stupéfiants, l'immigration clandestine, le blanchiment d'argent et les liens qui existent entre ces fléaux, représentent une menace dangereuse pour la sécurité et la stabilité des pays du Maghreb et leur voisinage ». Leur réunion a, selon les mêmes sources médiatiques, « consacré la volonté de concertation et de coordination des pays membres, en particulier dans les domaines sécuritaire et de lutte contre le terrorisme ». (FB)

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