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Bulletin Quotidien Europe N° 10834
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) prix sakharov

Le Parlement remet, enfin, le prix aux Dames en blanc

Bruxelles, 24/04/2013 (Agence Europe) - Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a remis, mardi 23 avril, le prix Sakharov 2005 aux Cubaines des Damas de Blanco (Dames en blanc). Les lauréates n'avaient jusqu'à présent pas pu quitter leur île pour venir le recevoir en personne. M. Schulz a salué leur « engagement pacifique, immuable en faveur de la liberté à Cuba, en faveur des valeurs et principes démocratiques ». « Nous sommes des militantes des droits de l'Homme », œuvrant pour « un avenir meilleur que celui que nous offrent nos dirigeants », a souligné Laura María Labrada Pollán, la fille d'une des co-fondatrices du mouvement, décédée. « Nous sommes dans une lutte non violente voilà pourquoi nous sommes convaincues que nous allons vaincre », a-t-elle expliqué, concluant: « Liberté pour le peuple de Cuba ! » « Tant qu'il y a les Damas de Blanco, une pression politique est exercée. Nous n'allons pas vous trahir, pas baisser les bras, nous allons continuer la lutte sincère et pacifique », a martelé Berta de los Ángeles Soler Fernández, l'autre co-fondatrice.

Pour la présidente de la commission Développement, Eva Joly (Verts/ALE, française), ces femmes sont « l'espoir de Cuba ». « Aucune dictature ne peut arrêter la démocratie à terme », a souligné M. Schulz qui a rappelé qu'en 2012, plus de 6 600 personnes ont été arrêtées arbitrairement, et que, depuis le début de l'année, elles sont déjà plus de 1 200.

Expliquant qu'elle cherche avant tout le « soutien moral et spirituel » de l'UE, Mme Soler a appelé au maintien de la position européenne selon laquelle le régime ne peut pas agir de manière unilatérale et violer les droits de l'Homme. Elle a souhaité que quand l'UE discutera avec le régime, par exemple pour la mise en place de l'accord de coopération, elle le fasse aussi avec les voix internes, la population. Et dans un pays où le régime détient les entreprises, Mme Soler a demandé aux investisseurs étrangers d'avoir un contact direct avec les travailleurs, que le gouvernement ne soit pas un intermédiaire « sinon il va garder l'argent ». La co-fondatrice des Damas de Blanco a aussi précisé que la possibilité pour les Cubains de voyager à l'étranger est « cosmétique ». « Cela ne répond pas au vrai besoin du peuple cubain », a-t-elle expliqué, ajoutant la nécessité de « vrais changements », de « réformes réelles ».

Les Damas de Blanco, organisation qui existe depuis 2004 et qui compte aujourd'hui environ 225 membres, sont un mouvement spontané de femmes, filles, sœurs, membres de la famille de dissidents emprisonnés. Elles se revendiquent sans attache politique. Elles manifestent tous les dimanches à la Havane mais aussi dans d'autres villes de l'île. (CG)

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