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Bulletin Quotidien Europe N° 10834
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) inde

Libre-échange, la Commission veut débloquer les négociations

Bruxelles, 24/04/2013 (Agence Europe) - L'UE se dit disposée à faire une offre ambitieuse sur les visas de travail temporaire pour les professionnels indiens afin de finaliser un accord avec l'Inde. Mais Bruxelles exige des concessions de New Delhi sur l'automobile, les vins et spiritueux et les marchés publics.

« Nous sommes très conscients que pour l'Inde, il ne sera pas possible de conclure un accord à moins qu'il n'y ait de meilleures conditions pour ses professionnels hautement qualifiés pour fournir des services à titre temporaire en Europe. Et nous sommes prêts à faire une offre très ambitieuse. De la même façon, nous attendons de l'Inde des décisions politiquement difficiles qui sont importantes pour l'Europe. Nous sommes aussi prêts à prendre des décisions politiquement difficiles qui sont importantes pour l'Inde », a laissé entendre le négociateur en chef européen, Ignacio Garcia Bercero, cité par l'agence Reuters le 22 avril, au lendemain de la réunion du 15 avril entre le commissaire Karel De Gucht et le ministre indien du Commerce, Anand Sharma.

En adoptant fin 2012 un ambitieux train de réformes pour son secteur de la distribution et son secteur bancaire, l'Inde a donné des raisons d'espérer le bouclage des négociations de libre-échange avec l'UE avant ses élections générales en 2014. Le secteur des services est la composante clé des négociations, l'UE voulant en particulier un bon deal dans les secteurs du commerce de détail, des assurances et des services bancaires. Si elle a déjà fait des pas concrets pour réformer les deux premiers, New Delhi doit concrétiser ses engagements dans le secteur bancaire. L'Inde a de son côté des intérêts offensifs pour son industrie TIC, et ses experts qualifiés en la matière. Elle attend de l'UE qu'elle lève le seuil de 20% dans la clause de sauvegarde introduite au titre du contingent « mode-4 » de l'accord OMC sur le commerce des services (AGCS) relatif à la libre circulation des professionnels indiens dans le cadre d'un régime de visa assoupli.

Une attente que l'UE est prête à satisfaire, pourvu que New Delhi cède sur des dossiers sensibles, comme l'automobile, tant pour les véhicules de passagers que pour les pièces détachées, les vins et spiritueux, et les marchés publics. « Il est très clair pour nous que les voitures ou les vins et spiritueux sont extrêmement importants en termes d'intérêt à l'exportation vers l'Inde. Et nous estimons qu'il y a certainement assez de place pour que l'Inde permette des importations de produits européens moins chères sur son marché », insiste le représentant de la Commission. En plus de ces dossiers, Européens et Indiens doivent aussi s'entendre sur des chapitres relatifs à la propriété intellectuelle et au développement durable.

Négociateurs européens et indiens doivent se retrouver en mai à New Delhi pour régler les questions litigieuses qui bloquent un accord, avant une nouvelle réunion ministérielle en juin. L'UE et l'Inde veulent dynamiser une relation commerciale qui a atteint 80 milliards d'euros d'échanges de marchandises en 2011 (40,4 milliards d'exportations pour l'UE, 39,4 milliards pour l'Inde) et 20,4 milliards d'euros pour les services. L'investissement bilatéral a dépassé 40 milliards d'euros en 2010 (dont 35 milliards pour l'UE). (EH)

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