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Bulletin Quotidien Europe N° 10826
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Les Britanniques doivent peser les conséquences d'un opt-out (Malmström)

Bruxelles, 12/04/2013 (Agence Europe) - La commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a demandé jeudi au Royaume-Uni et à son Premier ministre, David Cameron, de reconsidérer les conséquences d'une sortie potentielle du pays de certaines politiques européennes, en particulier celles relevant de la coopération policière et judiciaire sur lesquelles Londres doit se prononcer d'ici juin 2014. Alors que M. Cameron a entamé, vendredi 12 avril, un week-end « allemand » chez Angela Merkel avec qui il évoquera son souhait de réformer l'UE d'ici au référendum qu'il compte organiser sur le sujet en 2017, la ministre de l'Intérieur, Theresa May, a elle déjà indiqué à plusieurs reprises à ses homologues que le Royaume-Uni souhaitait l'opt-out sur les affaires intérieures et la justice et le notifierait le cas échéant à la Commission d'ici au début 2014, comme le prévoit le Traité. Londres juge en effet certaines politiques inefficaces, à l'image du mandat d'arrêt européen, critiqué en ce qu'il serait déséquilibré et à sens unique. « Il y a beaucoup plus de criminels présumés qui sont extradés de Grande-Bretagne que de criminels présumés arrêtés et envoyés au Royaume-Uni pour y être jugés », avait dit Mme May en octobre dernier.

Pour la commissaire suédoise, ce serait en tout cas pour Londres une grande perte, justement en ce qui concerne la lutte contre les crimes transfrontaliers et la coopération menée dans le cadre d'Europol, a-t-elle écrit sur son blog. En déplacement jeudi à Londres pour y donner une conférence, Mme Malmström a insisté sur le rôle d'Europol, dirigé par un Britannique qui plus est, a-t-elle fait remarquer, et à ses actions en matière de fraude à la carte de crédit, fraude en ligne, lutte contre les cyber-pédophiles ou les trafiquants de drogue.

La commissaire a aussi rappelé qu'Europol « n'est pas une force de police fédérale et n'a aucune compétence sur les forces de police nationales. Europol est là pour aider les États membres de l'UE dans la lutte contre la criminalité grave et pour faciliter l'échange d'informations entre les autorités nationales ». Pour Mme Malmström, Europol a fait ses preuves auprès du Royaume-Uni pour lui éviter de voir son économie pénétrée par les criminels, écrit-elle encore.

« Et cela n'est qu'un exemple » de l'importance pour le Royaume-Uni de rester partie prenante de la coopération européenne dans le domaine des affaires intérieures. Juste avant Pâques, a insisté la commissaire, le nouveau centre contre la cybercriminalité d'Europol, le centre EC3, avait encore procédé au démantèlement d'un groupe européen spécialisé dans la fraude par carte de crédit. Et 44 personnes avaient été arrêtées dans des pays comme la Roumanie et le Royaume-Uni. Ce type d'exemple devrait donner matière à réflexion aux politiques et électeurs britanniques, a estimé la commissaire. (SP)

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