Bruxelles, 12/04/2013 (Agence Europe) - Les pouvoirs locaux et régionaux dans l'UE et dans les pays en développement partenaires de l'UE ont un rôle décisif à jouer dans la coopération au développement pour obtenir davantage de résultats tangibles sur le terrain, et leur conférer un rôle accru est une question de volonté politique, ont estimé les participants aux troisièmes Assises de la coopération décentralisée organisées conjointement par le Comité des régions (CdR) et la Commission européenne, les 9 et 10 avril à Bruxelles.
Des représentants des autorités locales et régionales d'Europe, d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie, et des représentants des Nations unies, des experts des institutions de l'UE et des organisations de la société civile ont réfléchi pendant deux jours aux défis de la coopération au développement et à leur implication future.
À l'heure où s'intensifient, dans l'UE comme à l'ONU, les discussions sur le nouveau cadre mondial pour le développement après 2015 (EUROPE n° 10824) et où la Commission prépare une communication attendue cette année sur le rôle des autorités locales dans les pays partenaires pour l'obtention de résultats plus efficaces, les autorités locales et régionales demandent à être impliquées davantage dans la mise en œuvre des politiques de développement, mais aussi à être associées en amont, à la définition des politiques. Elles appellent l'UE à placer la décentralisation et les partenariats à l'échelle locale et régionale au cœur de sa politique de développement. Elles demandent aussi que 2015, année charnière entre la réalisation des objectifs du Millénaire (OMD) et les futurs objectifs de développement soit érigée en année européenne du Développement.
Ramon Luis Valcarcel, président du CdR, a formulé l'espoir que la communication de la Commission permettra une avancée vers l'établissement d'un partenariat à plusieurs niveaux avec les autorités locales. Pour le cadre du programme international de développement post-2015, il a appelé à « un véritable partenariat » qui associe pleinement les autorités locales et régionales, et les soutienne puisqu'elles participent aux discussions. Selon lui, « quand les caractéristiques locales ont un impact important sur le contenu d'une politique qui doit s'adapter aux contextes particuliers, les autorités régionales doivent assumer pleinement leurs responsabilités. Il est donc vital que la coopération au développement vise à construire les capacités des pays partenaires, en particulier la capacité de créer et d'utiliser leurs propres ressources ».
Andris Piebalgs, commissaire au Développement, a répondu à l'appel des participants en soulignant la volonté de la Commission européenne de mettre davantage l'accent sur une approche territoriale du développement. « Nous pensons qu'un rôle accru des autorités locales dans les pays partenaires sera déterminant pour parvenir à une meilleure gouvernance et au développement durable qu'ambitionne l'agenda international », a-t-il déclaré. Le programme pour le changement qui constitue le cadre de la politique de développement de l'UE au-delà de 2013 fait d'ailleurs explicitement référence au rôle des autorités locales et régionales et de la société civile.
Ces Assises de la coopération décentralisées ont vu la signature d'un mémorandum d'entente entre le CdR et le Conseil des collectivités territoriales de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine). La conférence internationale des donateurs pour le développement du Mali organisée à l'initiative de la France et de l'UE étant accueillie le 15 mai prochain dans les locaux du CdR, l'opportunité sera offerte aux pouvoirs locaux et régionaux de mettre en exergue le rôle qu'ils peuvent jouer dans la reconstruction du pays et dans l'appui à la stabilisation du pays. (AN)