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Bulletin Quotidien Europe N° 10826
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

L'énergie pour « fédérer » l'espace euro-méditerranéen

Bruxelles, 12/04/2013 (Agence Europe) - L'énergie, en particulier les énergies renouvelables, forment le cœur de la relation entre les deux rives de la Méditerranée et le point de départ d'une exploitation du potentiel de coopération dans la recherche d'intérêts communs. C'est la principale conclusion à tirer de la journée de débats entre experts et opérateurs publics et privés qui s'est tenue jeudi 11 avril au Parlement européen sous l'égide du président de l'institution, Martin Schulz. Cette journée était organisée par MEDGRID, qui fédère toutes les associations sectorielles de l'énergie.

Ouvrant les travaux, la vice-présidente du Parlement, Isabelle Durant, (Verts/ALE, belge), a souligné que « le contexte est difficile » mais « la nécessité de nouer des liens forts » de part et d'autre de la Méditerranée demeure, en particulier dans le domaine de l'énergie et surtout les énergies renouvelables. Elle a appelé à travailler à « nous rapprocher pour établir des relations durables » et son souhait est que les collectivités locales soient fortement impliquées.

Le commissaire Andris Piebalgs, qui a remplacé au pied levé ses collègues de l'énergie et de la politique de voisinage, et qui a rappelé l'engagement de la Commission à promouvoir en Europe une politique énergétique durable à l'horizon 2030, a estimé que le domaine de l'énergie est le « plus petit commun dénominateur » pour l'UE et ses voisins de la rive sud. La coopération en ce domaine sera au cœur de toutes les initiatives de rapprochement, a-t-il dit, en signalant le problème des financements pour permettre la pleine exploitation du potentiel de coopération existant.

Gaston Franco (PPE, français) a pour sa part insisté sur le besoin d'une volonté politique déterminée pour pouvoir développer des relations euro-méditerranéennes nécessaires et, a-t-il ajouté, « la volonté politique a besoin d'instruments » en particulier financiers. Stefan Schennach, président de la Commission énergie du Parlement européen et membre de l'assemblée euro-méditerranéenne a lui aussi soulevé la question des financements comme celle des coûts de l'énergie produite et leur impact sur le consommateur. André Merlin, chef de file de MEDGRID a davantage précisé ces aspects en appelant à ce que les projets EuroMed dans le domaine de l'énergie soient classés « d'intérêt commun » pour bien signifier l'imbrication des ces intérêts, tout en soulignant la faiblesse des infrastructures existantes. Une seule interconnexion existe reliant l'Espagne et le Maroc, a-t-il affirmé. Il a aussi souligné la forte complémentarité entre l'Europe et ses voisins du sud, notamment l'alternance des périodes de pic de la demande: l'hiver en Europe, l'été, pour la climatisation dans le sud, qui rend plus attrayante l'idée d'une communauté de l'énergie.

Le ministre libyen de l'Électricité, Ali Mohamed Mihirig, a pour sa part exposé les besoins de son pays en électricité - pour dépendre moins des énergies fossiles - et en infrastructures pour lesquelles Tripoli envisage d'importants investissements dans un pays qui en a les moyens et dont le devoir, selon le ministre, est de préparer l'ère post-pétrolière.

Fabrizio Barbazo, directeur général-adjoint à l'énergie à la Commission européenne, a rappelé les grands axes de la politique européenne dans ce domaine, soulignant l'intérêt et l'attente que place l'UE dans la conférence des ministres euro-méditerranéens de l'Énergie, les 11 et 12 décembre prochains à Bruxelles, laquelle doit prendre connaissance du « masterplan » en préparation dont rappel a été fait par le secrétaire général adjoint à l'Énergie au sein de l'UpM (Union pour la Méditerranée), Sotiris Varouxakis, lequel a évoqué le projet de « plan solaire méditerranéen » et les perspectives multiples qu'il ouvre (énergie, industrie, technologie, emplois et environnement). Le Marocain, Lhou Lmarbouh, vice-président de l'Assemblée parlementaire méditerranéenne (PAM) relevant de l'Union interparlementaire - à distinguer de l'AP-UpM sous l'égide du Parlement européen - a détaillé pour sa part les travaux en cours pour promouvoir cette coopération entre pays riverains, dont un des fleurons est la puissante station solaire de Ouarzazate (Maroc). Le Conseil exécutif de la PAM doit aussi examiner les 3 et 4 mai le projet de « boucle électrique » peri-méditerranéenne. L'ambassadeur tunisien, Tahar Cherif, a attiré l'attention sur l'accès du consommateur à l'énergie promise. Tandis qu'un représentant du ministère algérien de l'Énergie a mis en garde contre les difficultés de la transition énergétique dans un contexte de faiblesse des ressources financières: « Les certitudes s'ébranlent, les indicateurs de marché sont fragiles et les restrictions budgétaires » peuvent contrarier la pleine exploitation du potentiel commun et peuvent avoir un impact sur les approvisionnements.

La politique européenne n'encourage pas suffisamment les énergies renouvelables, a-t-il dit. Il a dressé un tableau complet des projets et initiatives menés dans son pays en relation avec l'Europe via trois gazoducs et dont il souhaite le renforcement à travers des réseaux d'interconnexion électrique. Il plaide pour la mise en place de mécanismes de soutien et une politique de prix adéquate. Le Marocain Abderrahim Hafidi, en charge de la société nationale d'électricité, a quant à lui témoigné de l'engagement de son pays dans la production d'énergies vertes en soulignant le potentiel d'exportation disponible pour lequel il souhaite de nouveaux aménagements des réglementations et le besoin d'un soutien. Les divers représentants du secteur, producteurs, distributeurs, régulateurs, ont tour à tour exposé la situation dans leurs branches d'activités liées à la coopération euro-méditerranéenne témoignant quasiment tous que l'énergie forme l'ossature autour de laquelle sera bâti l'espace commun euro-méditerranéen.

C'est un « pari sur l'avenir » qui est fait, a affirmé Pierre Vimont, secrétaire général exécutif du Service européen d'action extérieure, tout en reconnaissant que les difficultés sont nombreuses. Il appelle à se « concentrer sur l'essentiel ». L'Europe doit résoudre deux problèmes à son avis: elle doit affirmer le rôle qui est le sien dans le voisinage particulier qu'elle a avec la rive sud et, ensuite, « inventer quelque chose de particulier » pour sa coopération avec ces pays qui puisse « fédérer » autour d'intérêts communs. (FB)

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