Bruxelles, 08/04/2013 (Agence Europe) - Vladimir Poutine a annoncé avoir « pris la décision de restructurer cette dette » de 2,5 milliards d'euros que Chypre a contractée en 2011 auprès de la Russie, lundi 8 avril à Hanovre à l'issue d'une rencontre avec la chancelière allemande, Angela Merkel. Le président russe n'a pas donné le détail de l'assouplissement des conditions du prêt accordé à Chypre, mais selon le ministre russe des Finances, Anton Siluanov, cela reviendrait à effacer environ 10% du montant de la dette en question.
Une source chypriote a toutefois tempéré, indiquant qu'il n'y avait aucun arrangement final officiel entre les deux parties, rappelant au passage que de telles déclarations ont souvent été faites ces dernières semaines. Après s'être insurgé contre le premier plan de sauvetage dessiné par l'Eurozone, qui prévoyait une mise à contribution des déposants des banques chypriotes, parmi lesquels nombre de Russes, Moscou considère désormais que ses principaux intérêts ont été préservés dans le cadre du 2ème accord sur le sauvetage de Chypre.
M. Poutine a supposé que Chypre était « un cas unique » et « que de tels moyens pour sortir de la crise dans les endroits sensibles de la zone euro ne seront pas utilisés à nouveau ». Le trouble avait été jeté lorsque le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, avait évoqué la possibilité de faire du sauvetage chypriote un modèle pour les éventuelles futures crises bancaires, avant de se rétracter.
Vendredi, M. Poutine s'était dit ravi que l'affaire chypriote ait « démontré toute l'inefficacité et l'instabilité des dépôts placés dans les institutions financières occidentales », sur la chaîne allemande ARD. Il espère que tous les déçus se tournent désormais vers les banques russes pour y placer leur argent.
À noter que Nicosie a annoncé un besoin de 75 millions d'euros d'ici à fin avril pour payer les salaires et les retraites. Selon le gouvernement de l'île, tout sera fait pour éviter un quelconque problème. (EL)