Bruxelles, 08/04/2013 (Agence Europe) - Bruxelles et New Delhi ne veulent pas compromettre la possibilité d'un accord avant l'élection générale indienne en 2014.
Le commissaire Karel De Gucht recevra le ministre indien du Commerce Anand Sharma le 15 avril à Bruxelles pour mettre la dernière main au paquet final des négociations pour un accord bilatéral UE/Inde sur le commerce et l'investissement, lancées en 2007. L'accord commercial sera aussi à l'agenda du déplacement du Premier ministre indien, Manmohan Singh, le 10 avril en Allemagne, auprès de la chancelière Angela Merkel. Européens et Indiens aimeraient progresser vers un accord en 2013, avant l'élection générale indienne en 2014.
Loin de la médiatisation des pourparlers avec l'Amérique du Nord (en cours avec le Canada, en vue avec les États-Unis), les négociations de libre-échange UE/Inde se sont poursuivies en toute discrétion, et les parties se sont rapprochées d'un paquet final. En adoptant à la fin 2012 un ambitieux train de réformes, l'Inde a donné des raisons d'espérer des progrès des pourparlers dans les mois à venir. Repoussée en 2011, la réforme du secteur de la distribution, désormais adoptée, a confirmé la volonté de New Delhi d'attirer l'investissement étranger sur un marché à fort potentiel, évalué à 450 milliards de dollars. L'Inde a aussi donné son feu vert à une ouverture de son secteur de l'aviation civile et de ses compagnies aériennes. Son secteur bancaire, dominé par des banques d'État, n'échappe pas non plus au processus: le parlement indien a approuvé une loi qui ouvre la voie à une hausse du plafond des capitaux étrangers.
Le secteur des services est la composante clé des négociations, expliquait-t-on à la Commission, fin février. L'UE veut obtenir un bon deal dans les secteurs du commerce de détail, des assurances et des services bancaires. Si elle a déjà fait des pas concrets pour réformer les deux premiers, l'Inde doit poursuivre ses efforts dans le secteur bancaire. L'Inde a quant à elle des intérêts offensifs pour son industrie TIC, et ses experts qualifiés en la matière. Elle attend notamment de l'UE qu'elle lève le seuil de 20% dans la clause de sauvegarde introduite au titre du contingent mode-4 de l'accord OMC sur le commerce des services (AGCS) relatif à la libre circulation des professionnels indiens dans le cadre d'un régime de visa assoupli.
Les parties doivent aussi encore régler d'autres questions sensibles: l'automobile, tant pour les véhicules de passagers que pour les pièces détachées, les vins et spiritueux, et les marchés publics, qui sont relativement ouverts au niveau central indien et totalement fermés au niveau des États de la fédération et des collectivités locales. Enfin, les parties doivent s'entendre sur une clause relative au développement durable.
L'UE et l'Inde veulent dynamiser une relation commerciale qui a atteint 80 milliards d'euros d'échanges de marchandises et 20,4 milliards pour les services en 2011. Les flux d'investissement étranger ont dépassé 40 milliards d'euros en 2010 (dont près de 35 milliards d'IDE de l'UE en Inde). (EH)