Bruxelles, 08/04/2013 (Agence Europe) - L'Agence européenne pour les Roms a demandé, le 8 avril, aux gouvernements européens de stopper toute forme de discrimination à l'encontre des membres de la communauté rom à l'occasion de la Journée internationale des Roms, a-t-elle indiqué dans un communiqué de presse. Les États membres sont aussi appelés à intensifier leurs « efforts dans la mise en place de véritables politiques d'inclusion », cela alors que la Commission doit justement faire le point fin mai sur les stratégies d'inclusion mises en place dans les 27. L'Agence appelle par ailleurs la Commission à agir et à prendre des sanctions contre les pays qui seraient « coupables d'exactions » envers des membres de la communauté. « Ces dernières années, les déclarations de principe des décideurs politiques prônant une meilleure intégration des Roms ont fleuri. Dans de nombreux cas, ces déclarations se sont avérées être des vœux pieux », a déclaré Stefan Rostas, président de l'Agence. L'évacuation d'un camp en France « à Ris Orangis, le 3 avril 2013, en est le dernier exemple en date. La France, naguère héraut des droits de l'homme, bafoue désormais ces mêmes droits. Mais les autres pays européens, notamment la Hongrie, la Roumanie, l'Angleterre, ne sont pas en reste », poursuit M. Rostas.
À l'initiative des Verts/ALE, un village « rom » devait être installé lundi devant le Parlement européen, en vue de sensibiliser aux nombreuses discriminations auxquelles doivent faire face les Roms, notamment dans les domaines de l'emploi, de l'éducation, de la santé ou du logement.
Pour marquer le coup, la Commission a elle aussi appelé les États membres à faire davantage pour l'inclusion des Roms, les commissaires Viviane Reding, Laszlo Andor et Johannes Hahn rappelant eux aussi les 27 à leurs obligations, en l'occurrence la mise en œuvre des Plans d'action nationaux pour l'inclusion des Roms, mis en place en 2011. Dans une évaluation de ces stratégies nationales faite en 2012, la Commission avait observé que les fonds européens consacrés aux Roms et à leur intégration restaient très hétérogènes en fonction des pays et s'avéraient parfois être mal utilisés. Seulement 12 pays membres avaient clairement déterminé des fonds dédiés aux Roms et aux politiques d'inclusion, notamment la Bulgarie, la République tchèque, la Grèce, la Lituanie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, le Portugal, la Slovénie, la Slovaquie et la Suède.
Pour leur part, les eurodéputés PPE Joseph Daul et l'élue Rom Livia Jaroka, ont espéré dans un communiqué que l'inclusion de cette communauté soit une priorité clef de la décennie.
Le président du groupe S&D au Parlement européen, Hannes Swoboda, a estimé que l'UE n'avait pas encore fait ce qu'elle devait pour mettre un terme aux discriminions et aux exclusions dont sont victimes les Roms. Pour que les choses changent, le groupe S&D demande la désignation d'un commissaire européen responsable de la promotion de l'intégration des Roms. Ce commissaire aurait pour tâche de s'assurer que les États membres respectent leurs engagements et que les fonds qu'ils reçoivent pour mettre en œuvre leurs politiques d'intégration de cette minorité sont destinés aux bonnes cibles. (SP)