Bruxelles, 08/04/2013 (Agence Europe) - Il est « devenu évident » que les positions du E3+3 (Allemagne, France, Royaume-Uni et Chine, États-Unis et Russie) et de l'Iran restent « très éloignées sur le fond », a annoncé la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, le 6 avril à l'issue des deux jours de négociations « longues et intenses », autour de 4 sessions plénières et de rencontres bilatérales sur le programme nucléaire iranien, à Almaty (Kazakhstan). Le négociateur en chef iranien a parlé d' « une certaine distance entre les positions des deux côtés ». « Un écart important subsiste entre les parties. La position actuelle de l'Iran est loin de ce qui est nécessaire pour réaliser une percée diplomatique », a précisé le ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague.
Mme Ashton a expliqué qu'il a été convenu que toutes les parties retournent dans leurs capitales pour évaluer « où nous en sommes dans le processus ». Aucun lieu et date pour une prochaine rencontre n'ont été annoncés. La Haute représentante a précisé qu'elle sera en contact avec les ministres de l'E3+3 et bientôt avec le négociateur en chef iranien, Said Jalili, « afin de voir comment aller de l'avant ». Ces contacts devraient avoir lieu dans les prochains jours.
Alors que l'E3+3 attendait une réponse à sa proposition faite lors des dernières discussions, les Iraniens ont présenté une proposition détaillée, et insisté sur leur droit « inaliénable » à enrichir de l'uranium que ce soit à 5 ou 20%. « Nous avons proposé notre plan d'action et l'autre partie n'était pas prête et elle a demandé un peu de temps pour étudier l'idée », a expliqué M. Jalili.
Selon un diplomate occidental, l'E3+3 a demandé à l'Iran de suspendre son travail d'enrichissement d'uranium contre un allègement des sanctions internationales, ce que Téhéran a refusé. « Les Iraniens ont indiqué qu'ils sont prêts à prendre certaines mesures, mais elles étaient petites », a-t-il révélé. Des diplomates ont précisé que si Téhéran était prêt à des mesures, il en demandait beaucoup de la part du E3+3. « Ils mettent en avant quelques idées minimes, mais s'attendent à un grand retour et un retour tout à fait disproportionné », a expliqué l'un d'entre eux.
Des discussions plus en profondeur
Mais les discussions ont cependant semblé profondes. « Nous avons discuté bien plus en détail que par le passé. Nos efforts vont continuer dans cette direction », a indiqué Catherine Ashton, ajoutant qu'il y a eu, pour la première fois, un aller retour pour discuter de détails, un jeu de questions/réponses. Mais « ce qui importe en fin de compte, c'est la substance », a-t-elle poursuivi.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a qualifié la rencontre comme étant « sans aucun doute un pas en avant ». La porte-parole du département d'État américain, Victoria Nuland, a indiqué que les Iraniens ont « abordé les vrais problèmes, ce qui n'a pas toujours été le cas ». Selon des diplomates américains, chaque partie est repartie avec une meilleure compréhension de l'autre. « Il n'y a peut- être pas eu de percée, mais ce n'était pas non plus une rupture », a souligné un diplomate américain, précisant que « notre intention est de continuer » les négociations.
Pour le négociateur iranien, Said Jalili, les Occidentaux doivent « s'appliquer pour gagner la confiance du peuple iranien ». Et de préciser qu'ils doivent « montrer leur sincérité et adopter à l'avenir un comportement approprié ». (CG)