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Bulletin Quotidien Europe N° 10792
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) États-unis

Négociations de libre-échange, l'écueil des choix sociétaux

Bruxelles, 22/02/2013 (Agence Europe) - S'ils partagent l'enthousiasme manifesté au plus haut niveau politique à l'idée d'une zone de libre-échange transatlantique, les députés européens mettent en garde contre les difficultés à venir, en raison de différences culturelles importantes entre l'Europe et les États-Unis.

Accueillant le commissaire Karel De Gucht, jeudi 21 février, les membres de la commission du commerce international du Parlement européen ont apporté leur soutien à la décision conjointe de l'UE et des États-Unis, annoncée le 13 février, de négocier un accord de libre-échange (EUROPE n° 10785), avertissant toutefois qu'il ne sera pas facile de « conclure un marché » acceptable pour les citoyens européens.

Au-delà des opportunités commerciales à venir, au-delà des perspectives de croissance et d'emplois, la plupart des députés ont souligné les différences systémiques entre l'UE et les États-Unis, où une importante critique négative de l'opinion publique pourrait se manifester. Ils ont rappelé qu'un soutien sans faille de l'opinion publique, sur chacune des deux rives de l'Atlantique, où des choix sociétaux sont parfois aux antipodes, sera indispensable pour qu'un accord de libre-échange devienne réalité.

Tous bords politiques confondus, plusieurs députés ont rappelé les divergences profondes entre l'UE et les États-Unis sur les questions liées à l'agriculture, l'alimentation et la santé, tel que le bœuf aux hormones, les OGM, et les indications géographiques. Le président de la commission du commerce international, Vital Moreira (S&D, portugais) anticipe que les chapitres du commerce des animaux et des normes phytosanitaires seront les plus grands sujets de discorde des futures négociations. L'écologiste Yannick Jadot (Verts/ALE, français) a aussi souligné les divergences profondes sur la notion de service public, sur les services culturels et l'audiovisuel. « Ces divergences renvoient à des préférences collectives et des choix de société qui ne pourront être ni ignorés ni rabaissés pour faciliter les négociations », a-t-il insisté. Sa compatriote Marielle De Sarnez (ADLE) a, elle aussi, insisté sur l'importance de préserver l'exception culturelle. Paul Murphy (GUE /NGL, irlandais) et Franziska Keller (Verts/ALE, allemande) ont insisté sur le chapitre de la propriété intellectuelle, avertissant que les négociations de libre-échange UE/États-Unis ne devaient pas être un moyen, d'une manière ou d'une autre, de ressusciter l'accord ACTA, dont les partenaires transatlantiques avaient été les promoteurs.

Le commissaire De Gucht a reconnu « l'existence de différences culturelles gigantesques » qui, pressent-il, « seront les questions les plus difficiles à surmonter ». Il présentera à la mi-mars au Conseil son projet de mandat de négociation dans l'espoir de lancer les pourparlers à la mi-juin. (EH)

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