Bruxelles, 22/02/2013 (Agence Europe) - Alors que les négociations sur le programme iranien reprennent le 26 février à Almaty, au Kazakhstan, entre l'Iran et l'E3+3 (Allemagne, France, Royaume-Uni, et Chine, États-Unis et Russie), la communauté internationale a fait part, le 22 février, de ses inquiétudes concernant le début de l'installation, par Téhéran, de centrifugeuses plus modernes sur son site d'enrichissement d'uranium de Natanz, selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Soulignant que « l'Iran continue d'accumuler de l'uranium enrichi à 20% et 5%, et l'expansion de sa capacité d'enrichissement, notamment par l'installation de centrifugeuses avancées », le porte-parole de la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères a souligné, le 22 février, que cela « constitue une violation d'une série de résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et de l'AIEA et aggrave les préoccupations actuelles sur la nature du programme nucléaire iranien ». Il a ajouté que l'UE soutient « pleinement » les efforts de l'AIEA et appelle l'Iran à s'engager de manière plus constructive avec l'Agence. Il a rappelé qu'il y a également un « un besoin urgent pour l'Iran de s'engager plus sérieusement et de manière flexible dans les discussions à venir avec les E3 +3 ».
Le Royaume-Uni et la France ont considéré l'installation de ces nouvelles centrifugeuses comme « très préoccupante ». Pour le secrétaire d'État aux Affaires étrangères britannique, Alistair Burt, c'est « un autre signal que l'Iran n'a pas l'intention de fournir l'assurance nécessaire à la communauté internationale que son programme nucléaire est à des fins purement pacifiques ». Il a précisé que le moment de l'installation, juste avant la réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA et des négociations d'Almaty, « préoccupe et déçoit » Londres.
« Alors que nous attendons de l'Iran qu'il fasse des gestes concrets montrant sa volonté de s'engager dans une logique de coopération et de respect de ses obligations, il continue donc d'intensifier ses activités sensibles », a déclaré pour sa part le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Philippe Lalliot, estimant que Téhéran « fait un pas de plus dans la mauvaise direction ».
Les États-Unis ont souligné le 21 février que si l'installation est confirmée, ce serait un « pas provocateur supplémentaire », « une nouvelle escalade et une poursuite de la violation des obligations de l'Iran ».
Le 13 février, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie nucléaire (OIEA), Fereydoun Abbasi Davani, avait annoncé que l'installation de nouvelles centrifugeuses, plus avancées, avait commencé, mais cela n'a été confirmé que le 21 février par l'AIEA. Selon son rapport « le 6 février 2013, l'agence a observé que l'Iran avait commencé l'installation de centrifugeuses IR-2m » à Natanz. « C'est la première fois que des centrifugeuses plus avancées que les IR-1 ont été installées » sur ce site, selon l'Agence. L'Iran affirme que ses activités nucléaires ont un objectif uniquement civil. (CG)