Bruxelles, 14/02/2013 (Agence Europe) - Tests d'ADN sur les produits transformés du bœuf et tests de recherche de phenylbutazone - un anti-inflammatoire pour chevaux interdit à la consommation humaine - à effectuer pendant un mois par les États membres: la réponse de la Commission européenne à la fraude à la viande de cheval censée être du bœuf ne s'est pas faite attendre. Elle revêt la forme d'une recommandation de contrôles coordonnés, et les experts des États membres, réunis au sein du comité permanent de la chaîne alimentaire de l'UE plancheront dès ce vendredi, sur les propositions formulées mercredi soir par la Commission lors de la réunion informelle des ministres des pays les plus concernés par ce scandale, convoquée en urgence par la Présidence irlandaise (EUROPE n° 10785). Il a par ailleurs été décidé qu'Europol coordonnera les enquêtes pénales menées dans les États membres et demandé à la Commission européenne d'accélérer la présentation de son rapport sur la faisabilité d'un étiquetage d'origine de la viande présente dans les plats préparés industriels. « Nous avons demandé à la Commission qu'elle fasse de ce rapport une priorité », a déclaré à la presse Simon Coveney, le président en exercice du Conseil Agriculture.
Il est à parier que les experts des 27 approuveront vendredi la recommandation de la Commission en faveur de contrôles coordonnés car, dans l'intervalle, l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse se sont ajoutées à la liste initiale des pays directement touchés par le scandale (France, Pays-Bas, Royaume-Uni, Irlande, Pologne, Suède, Luxembourg, Chypre, Roumanie) et que jeudi, l'abattoir roumain semblait mis hors de cause, tandis que les soupçons se portaient sur des intermédiaires néerlandais possiblement impliqués dans la fraude à l'étiquetage. « Il est de l'intérêt de tous de remonter à l'origine de cette fraude à l'étiquetage. Nous ne tirons aucune conclusion tant que les enquêtes sont en cours. Nous voulons trouver les coupables, mais il faut être sûrs et certains que les faits sous-tendent les accusations. Les résultats des enquêtes française, irlandaise et britannique sont imminents », déclarait M. Coveney, mercredi soir. Jeudi soir, à l'heure où nous mettions sous presse, les résultats de l'enquête française (DGCCRF) étaient attendus.
Concrètement, la Commission européenne recommande que les tests soient effectués sur une période initiale de 30 jours qui débuterait le 1er mars et que les résultats lui soient communiqués par les États membres d'ici au 15 avril pour une publication à cette date. « Cela, pour rétablir la confiance du consommateur, mais d'autres mesures pourraient être mises en place », a précisé Tonio Borg.
Au total, 2 500 tests de vérification de l'ADN pour identifier l'espèce animale présente dans les produits transformés seraient effectués, mais leur ventilation sera adaptée à la taille du pays.
Les tests de détection de résidus de phenylbutazone dans la viande chevaline seraient au nombre de 4 000 (2 500 dans les établissements manipulant de la viande de cheval dans l'UE, et 1500 sur les produits importés). « Le plan de contrôle coordonné devra être mis en œuvre par tous les États membres. La Commission est prête à cofinancer 50% des coûts. Un test coûte 400 euros », précisait, mercredi le commissaire Tonio Borg. (AN)